Sud-Soudan: Des civils meurent de faim dans les zones de conflit

communiqué de presse

Un nouveau rapport met en lumière l'impact dévastateur du conflit et des restrictions à l'aide humanitaire

Le dernier rapport publié par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (Integrated Food Security Phase Classification, IPC), au sujet du Soudan du Sud, dresse un bilan terrible des immenses souffrances infligées aux civils par les parties belligérantes dans ce pays. Publié le 28 avril, ce rapport avertit que la situation est encore pire que prévu : 7,8 millions de personnes ont désespérément besoin d'aide alimentaire.

Le rapport note que 73 000 personnes sont confrontées à la famine et au risque de mort dans les États du Haut-Nil et de Jonglei, où les combats entre les forces gouvernementales et l'Armée populaire de libération du Soudan en opposition (Sudan People's Liberation Army-in-Opposition, SPLA-IO) se sont intensifiés depuis 2025. Plusieurs zones de ces deux États sont menacées par la famine.

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Les taux de malnutrition chez les enfants ont atteint des niveaux dramatiques. Environ 2,2 millions d'enfants de moins de cinq ans, notamment à Abiemnhom, souffriraient de malnutrition aiguë ; sans traitement nutritionnel d'urgence, ces enfants risquent de subir des séquelles physiques et cognitives à vie, ou de mourir de faim. Des journalistes souhaitant mettre en lumière les histoires reflétées par ces chiffres ont récemment partagé avec Human Rights Watch des photos d'enfants malnutris d'Akobo, dans l'État de Jonglei.

La crise humanitaire est le résultat des actions des parties belligérantes.

Selon les médias, les forces des deux camps ont commis des meurtres illégaux, des agressions sexuelles, y compris des viols de civiles, des actes de pillage et des incendies de biens civils. Des bombardements menés par les forces gouvernementales ont touché des infrastructures essentielles, y compris des hôpitaux.

Depuis fin 2025, l'armée a émis dans les États du Haut-Nil et de Jonglei de nombreux ordres d'évacuation, qui dans plusieurs cas étaient illégaux en raison de leur portée excessive ; l'opposition a émis au moins trois ordres de ce type. Le 6 mars, l'armée a ordonné aux civils, au personnel de l'ONU et aux organisations humanitaires d'évacuer la ville d'Akobo et son comté, dans l'État de Jonglei ; ceci a contraint le personnel des organisations d'aide humanitaire et une grande partie des 270 000 habitants à fuir cette région.

Ces ordres d'évacuation étaient accompagnés de mesures délibérées du gouvernement visant à bloquer l'accès à l'aide dans les zones contrôlées par l'opposition, ainsi que de mesures administratives coercitives.

Les partenaires du Soudan du Sud ont condamné avec une fréquence accrue les actions du gouvernement, mais ces propos devraient être suivis de sanctions à l'encontre des responsables qui entravent délibérément l'aide humanitaire, ainsi que d'un soutien financier accru à une telle assistance. Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU devraient avertir le gouvernement Sud-Soudanais ainsi que l'opposition que s'ils ne permettent pas aux civils d'accéder immédiatement et en toute sécurité à l'aide humanitaire, ils envisageront des sanctions ou d'autres mesures visant l'obligation de rendre des comptes.

Les dirigeants du Soudan du Sud et de l'opposition devraient garder à l'esprit que ces actes - l'entrave à l'aide humanitaire, la facilitation de la famine et les attaques violentes contre des civils - sont susceptibles de poursuites en tant que crimes au regard du droit international ; ils pourraient donc en être tenus responsables, et le seront.

Nyagoah Tut Pur, Chercheuse, division Afrique

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