L'Afrique du Sud a répondu ce 6 mai 2026 aux accusations de xénophobie après des manifestations contre les migrants. Une série de manifestations anti-migrants ces dernières semaines dans le pays le plus industrialisé d'Afrique, ainsi que des allégations d'attaques contre des étrangers, ont récemment poussé le Nigeria et le Ghana à exprimer leurs inquiétudes.
En Afrique du Sud, le porte-parole de la présidence a rejeté mercredi, au cours d'un point presse, les accusations de xénophobie qui touchent le pays. Ces dernières semaines, des manifestations anti-immigration ont eu lieu dans plusieurs de ses grandes villes, entraînant parfois des violences. Des actions, ciblées sur les migrants originaires d'Afrique, qui ont poussé plusieurs pays africains à exprimer leur inquiétude, et même jusqu'au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.
Pour le porte-parole de la présidence Vincent Magwenya, les accusations de xénophobie sont infondées. L'Afrique du Sud est un pays accueillant, dit-il, et les manifestations des dernières semaines, encadrées par la police. Elles sont selon lui liées aux problématiques complexes de criminalité et de migration : « L'Afrique du Sud n'est pas xénophobe. Les Sud-Africains ne sont pas xénophobes. Ce qu'il se passe, c'est que nous avons plusieurs foyers de protestation, ce qui est autorisé dans le cadre de notre Constitution. Il faut également prendre en compte le fait que la question de l'immigration est un sujet de tension. »
Trois millions d'immigrés en Afrique du Sud
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Depuis plusieurs semaines, les manifestations parfois violentes ont entraîné une réaction de plusieurs pays africains. Le Ghana, le Mozambique et le Nigeria ont exprimé leur inquiétude. Le Nigeria a notamment annoncé organiser le rapatriement de ressortissants qui se sentiraient en danger, tandis que certains de ses parlementaires réclament des sanctions économiques contre l'Afrique du Sud : « Les condamnations que nous avons reçues de différents pays du continent ne devraient pas se limiter à des condamnations, mais devraient également s'accompagner d'une volonté d'échanger de manière constructive sur les problèmes et les facteurs qui poussent les gens à quitter leur pays natal. »
Vincent Magwenya appelle à un dialogue entre les pays du continent sur ce sujet de l'immigration. Selon l'institut de statistiques nationales, l'Afrique du Sud compte plus de 3 millions d'immigrés.