Ethiopie: Le chef du parti TPLF élu à la tête du Parlement du Tigré, nouvelle escalade avec Addis-Abeba

Le Parlement de l'État régional du Tigré - jugé illégitime par le gouvernement fédéral - a élu le 5 mai 2026 à sa tête le chef du TPLF, puissant parti de cette région du nord de l'Éthiopie. Le TPLF estime que cette élection met fin à l'administration intérimaire désignée par le pouvoir central depuis 2022, selon un accord de paix signé à l'issue d'un conflit sanglant entre les forces régionales du Tigré et l'armée éthiopienne épaulée par des milices locales et l'armée érythréenne.

Le chef du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), Debretsion Gebremichael, a été élu, mardi, à la tête du Parlement régional du Tigré. L'institution, dissoute pendant la guerre, a été rétablie mi-avril à la place de l'administration intérimaire, elle-même mise en place à la fin du conflit en novembre 2022. Une situation nouvelle, qui exacerbe les tensions, déjà très tendues, avec le gouvernement fédéral.

« L'accord de paix de Pretoria s'est effondré », à cause du gouvernement fédéral: une déclaration de Debretsion Gebremichael, lors de son premier discours devant le Parlement, qui accentue la rupture avec le pouvoir central.

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L'institution incarne donc désormais le nouveau pouvoir à Mekele. Elle remplace l'administration intérimaire, présidée jusqu'ici par le général Tadesse Werede, plus modéré. Ce cacique du TPLF a d'ailleurs exprimé son désaccord quant à l'élection de Debretsion Gebremichael, signe aussi des divisions internes au TPLF.

« Un conflit désastreux »

Cette élection risque d'aggraver les tensions déjà très vives entre le parti tigréen et le gouvernement fédéral, qui juge ce Parlement régional illégitime.

Ce dernier avait organisé des élections pour la dernière fois en 2020, après le rejet du report d'un an des législatives décidé par Addis-Abeba. Ce scrutin au Tigré, avait été jugé illégal par le gouvernement fédéral, ce qui avait été l'un des déclencheurs de la guerre, qui a fait au moins 600 000 morts entre 2020 et 2022.

Y a-t-il un risque de nouvelles violences ? Sur le réseau social X, Abel Abate Demissie, chercheur du groupe de réflexion Chatham House, estime que « ces manoeuvres incessantes du TPLF pourraient facilement déboucher sur un conflit désastreux ».

Le TPLF, qui a dirigé l'Éthiopie durant près de trente ans, avant d'être contesté puis marginalisé à l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018, a été radié de la liste des partis enregistrés, mais reste encore tout puissant au Tigré.

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