À Madagascar, plusieurs dizaines d'habitants du quartier de Tsiadana, à Antananarivo, ont manifesté le 6 mai contre les coupures d'électricité à répétition dans leur quartier. Une mobilisation spontanée, sans heurts, qui témoigne d'une exaspération croissante face aux défaillances du fournisseur national, la Jirama.
Les traces de pneus brûlés sont encore visibles sur le sol, des restes de la manifestation de mercredi soir, dans le quartier de Tsiadana, sur l'axe qui mène à l'université d'Antananarivo, dans la capitale de Madagascar. C'est une énième coupure d'électricité qui met le feu aux poudres. Vers 18h30, plusieurs dizaines de riverains descendent alors dans la rue pour réclamer le rétablissement du courant.
Olivier, habitant du quartier, raconte : « Comme il y a eu une longue attente, les gens ont redouté de passer une autre nuit dans le noir, d'autant qu'ils ne savent pas si la coupure va continuer mercredi, jeudi ou vendredi. C'est pour cela qu'ils ont décidé de manifestater. »
« Ils ne sont pas si en retard, mais les gens se sentent frustrés »
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Les forces de l'ordre arrivent vers 19h pour sécuriser le rassemblement. Aucune altercation. Le chef du quartier, Jean Dieudonné Ramaroson, avait pourtant déposé une doléance auprès de la Jirama, la compagnie nationale d'eau et d'électricité, dès lundi matin.
Il relativise toutefois la situation : « À mon avis, c'est une question d'organisation et de timing. Ils ne sont pas aussi en retard que ça, mais les gens se sentent frustrés et se sont inquiétés de ces journées sans électricité à cause du contexte actuel. » L'électricité est revenue 30 minutes après le début de la manifestation.
Sans atteindre l'ampleur des mouvements de septembre dernier, ce type d'épisode témoigne, pour beaucoup d'observateurs, d'une lassitude collective qui s'installe face aux coupures à répétition.