Afrique: Athlétisme - Madagascar recule sur la piste africaine

Réduite à deux athlètes en 2026, la Grande Île confirme son recul continental. Entre héritage glorieux et manque de structuration, l'athlétisme malgache peine à se relever.

À l'approche des Championnats d'Afrique 2026, du 12 au 17 mai à Accra, au Ghana, le contraste est saisissant pour Madagascar. La délégation malgache ne comptera que deux athlètes : Claudine Nomenjanahary (100 m) et Sidonie Fiadanantsoa (100 m haies). Une présence symbolique, très loin des effectifs d'il y a encore une décennie. En 2022, ils étaient neuf représentants, et certaines éditions précédentes dépassaient la dizaine. Cette baisse progressive illustre un affaiblissement structurel de la discipline.

Le manque de moyens, une préparation internationale insuffisante, la rareté des compétitions et un faible accompagnement institutionnel expliquent en grande partie cette régression. Sur le plan des résultats, le constat est tout aussi préoccupant : depuis plus de quinze ans, Madagascar peine à atteindre les finales continentales et s'éloigne des podiums. La médaille de bronze de Sidonie Fiadanantsoa en 2024 à Douala, lors des Championnats d'Afrique seniors, reste une rare éclaircie dans un paysage globalement en difficulté.

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Pourtant, l'athlétisme malgache a connu des périodes fastes. Joseph-Berlioz Randriamihaja s'est illustré en devenant champion d'Afrique du 110 m haies en 2000 à Alger, avant de décrocher deux médailles d'argent en 2002 et 2006. Rosa Rakotozafy a également marqué son époque avec des titres continentaux en 2002 et 2004 sur 100 m haies. Plus tôt encore, Toussaint Rabenala dominait le triple saut africain avec trois sacres consécutifs (1990, 1992, 1993). Ces performances témoignent d'un passé où Madagascar rivalisait avec les meilleures nations du continent.

Un système en manque de structuration

Depuis ces générations dorées, la relève peine à s'imposer. La médaille d'argent d'Ali Kame en décathlon, en 2013, est restée sans suite. Aujourd'hui, des pays comme le Kenya, l'Afrique du Sud ou la Côte d'Ivoire dominent grâce à des structures solides et des investissements constants.

Le recul est désormais double : quantitatif et qualitatif. Madagascar participe davantage pour exister que pour rivaliser. Pour Joseph-Berlioz Randriamihaja, le problème est clair : « Il n'y a plus assez de détection ni de suivi sérieux dans l'athlétisme malgache. La performance ne peut pas reposer sur de simples regroupements. L'État et la fédération doivent travailler ensemble, avec des centres d'entraînement locaux et le développement du sport-études et de la formation professionnelle pour sécuriser l'avenir et motiver les athlètes. »

De son côté, la présidente de la Fédération malgache d'athlétisme, Norolalao Andriamahazo, souligne la nécessité de cibler l'excellence : « La priorité doit être donnée aux athlètes les plus performants avec des objectifs internationaux. Mais le niveau national doit aussi être soutenu. La réalité socio-économique reste difficile pour les athlètes, les entraîneurs, les officiels techniques et les dirigeants. »

Sans réforme structurelle ni investissement durable, l'athlétisme malgache risque de rester à distance des grandes nations africaines. Les exploits du passé, eux, continuent de rappeler ce que la discipline a été capable d'accomplir.

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