Kenya: À la Biennale de Venise, l'artiste Michael Armitage dépeint la réalité crue de son quotidien

L'artiste Kenyan-Britannique Michael Armitage expose ses oeuvres au Palazzo Grassi à Venise, l'un des musées de la Collection Pinault. 45 peintures sont réunies dans cette importante exposition. Des tableaux ancrés dans la réalité socio-politique africaine tout en déployant des visions oniriques.

Michael Armitage n'hésite pas à aborder des sujets violents et durs dans son travail. Comme les conséquences de la guerre, la corruption, le drame des migrants. Ses personnages se déploient de façon parfois crue et ses peintures peuvent raconter de véritables récits ancrés dans son pays le Kenya et plus largement en Afrique de l'Est. « J'ai grandi au milieu d'artistes qui ont un sens de la responsabilité envers leur communauté » relate-t-il, « et, oui, c'est important d'être partie-prenante, de participer à la société. »

Et si le travail de l'artiste reflète la réalité qui l'entoure, parfois d'une manière très précise - comme dans les oeuvres qu'il a peintes après avoir suivi les mouvements d'opposition et leur répression violente lors des élections de 2017 au Kenya -, d'autres peintures sont plus insaisissables.

« Il y a des choses assez mystérieuses dans les tableaux. Parfois des signes ou encore des zones plus abstraites », estime Jean-Marie Gallais, commissaire de l'exposition.

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Malgré la contemporanéité et l'abstraction de certaines oeuvres, ce dernier observe que le travail de Michael Armitage touche un public plus large que celui des initiés : « Son audience est également au Kenya, où ses dessins sont exposés, en ce moment, au sein du Nairobi Contemporary Art Institute, un lieu qu'il a lui-même fondé en 2020. »

Une exposition à voir à Venise jusqu'au 10 janvier 2027

Les oeuvres de Michael Armitage sont peintes à l'huile sur un tissu issu d'une écorce d'arbre. Une façon pour l'artiste de s'affranchir de la toile conventionnelle occidentale et d'affirmer son identité africaine. Des oeuvres qui restent en tout cas pleines de vie malgré la violence des sujets abordés

L'exposition Michael Armitage « The Promise of change » (« La promesse d'un changement » en français) est à voir au Palazzo Grassi à Venise jusqu'au 10 janvier prochain.

Il peint sur une écorce d'arbre qui s'appelle le Lubango en Ouganda. Il y a une longue tradition de cette écorce d'un ficus que l'on bat, que l'on fait sécher, qu'ensuite on coud et qui forme un. Ça peut faire le support de livres, ça peut être des linceuls dans certaines traditions. Et lui utilise ça pour peindre. Pourquoi il fait ça ? Parce que ça lui permet d'inscrire son travail dans une histoire africaine et pas seulement une histoire occidentale. Surtout que ses références, c'est beaucoup Titien, Goya, Greco, Gauguin, Picasso. Donc les références sont très occidentales, mais les sujets sont africains et le support est africain. Et ce support-là, le lubango, lui a permis aussi de faire évoluer son langage. Parce qu'il est cousu, il n'est jamais droit, il est parfois troué et ça va aussi influer sur ses compositions, parfois un peu psychédélique parce que tout d'un coup, ça va devenir le tronc d'un arbre tortueux, ça va devenir un serpent, ça va devenir des sujets aussi. Le trou peut être parfois une évocation d'une arme à feu par exemple, d'un impact de balle. Donc ça va venir aussi nourrir le langage.

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