Afrique: Intégration monétaire - Les banques centrales africaines pressent le pas

La première réunion du bureau de l'Association des banques centrales africaines (Abca) pour l'année 2026 s'est ouverte ce jeudi, 7 mai, à Dakar, dans un contexte marqué par les ambitions renouvelées du continent en matière d'intégration monétaire et financière. Gouverneurs de banques centrales, représentants de l'Union africaine et experts du secteur financier ont pris part à cette rencontre stratégique axée, entre autre, sur l'opérationnalisation prochaine de l'Institut monétaire africain (Ima), considéré comme une étape clé vers la création d'une banque centrale africaine et d'une monnaie unique continentale.

Prenant la parole à l'ouverture des travaux, le président de l'Abca, Yvon Sana Bangui a rappelé que l'objectif d'une monnaie unique africaine demeure au coeur des ambitions de l'association, malgré les nombreux défis économiques, géopolitiques et sécuritaires auxquels le continent fait face. Selon lui, les progrès déjà enregistrés démontrent que « la collaboration, la synergie et la détermination » des Etats et des banques centrales africaines peuvent permettre d'atteindre cet objectif historique.

Le président de l'Abca a particulièrement insisté sur l'importance de l'Institut monétaire africain, dont l'opérationnalisation est prévue d'ici septembre 2026. Il a qualifié cette future institution de « déterminant central de la marche vers l'intégration monétaire et financière » du continent.

Yvon Sana Bangui s'est également réjoui de l'adoption des statuts de l'Institut monétaire africain lors de la session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine tenue en février 2026 à Addis-Abeba. Il a salué, dans ce cadre, le rôle du Nigeria, pays hôte de l'institution, notamment à travers la mise à disposition des infrastructures et l'accompagnement logistique assuré par la Banque centrale nigériane.

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De son côté, la représentante de la Commission de l'Union africaine a souligné que les crises économiques et géopolitiques actuelles constituent à la fois un défi et une opportunité pour renforcer la souveraineté économique du continent. Francisca TATCHOUOP BELOBE a estimé que les banques centrales africaines ne peuvent plus se limiter à leur rôle traditionnel de contrôle de l'inflation, mais doivent désormais devenir « des architectes actifs de la souveraineté économique africaine ».

Commissaire chargée du développement économique, du commerce, du tourisme, de l'industrie et des mines de l'Cua, Elle a mis en avant les performances économiques du continent, rappelant que douze des vingt économies à la croissance la plus rapide au monde sont africaines selon les prévisions de la Banque africaine de développement (Bad) pour 2026. Malgré les perturbations mondiales liées notamment aux tensions au Moyen-Orient et aux difficultés logistiques en mer rouge, elle a appelé à transformer ces contraintes en opportunités pour accélérer l'intégration financière africaine.

La responsable de l'Union africaine a réaffirmé la volonté de la Commission d'accompagner l'Abca dans la mise en oeuvre des recommandations des chefs d'Etat africains, notamment à travers le lancement effectif de l'Institut monétaire africain prévu en septembre prochain.

Le gouverneur de la Bceao, Jean-Claude Kassi Brou a, pour sa part, réaffirmé le soutien de la Bceao aux idéaux de l'Abca, notamment la promotion de la coopération monétaire, bancaire et financière à l'échelle continentale. Selon lui, les réunions régulières du bureau de l'association illustrent la volonté commune des banques centrales africaines de renforcer la convergence économique et financière entre les Etats du continent.

Les travaux de cette première réunion du bureau de l'Abca en 2026 devraient déboucher sur des recommandations destinées au Conseil des gouverneurs de l'association, dans la continuité des orientations définies récemment par les chefs d'Etat de l'Union africaine.

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