Sénégal: Saint-Louis – formation de sages-femmes et futurs gynécologues sur la santé mentale et les techniques de gestion du stress et de l'anxiété

L'Unité de Santé Mentale de l'Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis a abrité récemment une formation en Santé mentale au profit des sage-femmes, des médecins-gynécologues en formation et des étudiants en médecine. Cette session, à l'initiative de l'ONG Enda Jeunesse Action, vise l'intégration de la question de santé mentale comme pratique de bien-être dans la prise en charge pour gérer le stress chez la femme enceinte et améliorer les dépistages des symptômes dépressifs. Le but est de participer à offrir un espace propice à l'enfant dès sa naissance.

En initiant cette formation axée sur la Santé mentale, qui se trouve être une vieille doléance aujourd'hui satisfaite, le bureau d'Enda Jeunesse Action de Saint-Louis a voulu mettre à la disposition des sage-femmes de la région ainsi que tous ceux et celles qui s'activent autour de la santé de la mère et de l'enfant les connaissances nécessaires liées à la Santé mentale.

« Aujourd'hui, former les sage-femmes et tous ceux qui interviennent sur la prise en charge des femmes enceintes de manière générale, liées à la santé mentale était une demande tant au niveau national que régional. Et cela renforce notre volonté de mettre en place un réseau fort au niveau de Saint-Louis sur la santé mentale pour une meilleure prise en charge des communautés. Après la formation des « Bajenu gox » qui utilisent le plus souvent les espaces maternités, la demande était là pour renforcer les sage-femmes, renforcer les infirmières de manière générale pour une meilleure prise en charge des patientes », a dit Pape Ngounda Diallo, coordinateur des bureaux d'Enda Jeunesse Action de Saint-Louis.

Il rappelle que cette activité s'inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre du projet déroulé à Saint-Louis et qui est intitulé « Bien-être mental et Communautés ». Le travail, dit-il, est fait sur quatre dimensions notamment la participation, la mise à l'échelle par rapport à la sensibilisation, la prise en charge et la mise en réseau.

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Tout est parti du constat selon lequel la problématique de la santé mentale est sous-diagnostiquée dans nos sociétés, de l'avis du professeur Ousmane Thiam, gynécologue-obstétricien et enseignant-chercheur à l'UFR de Santé de l'Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis.

« On se rend compte que de plus en plus que les femmes qui fréquentent les services de maternités ne sont pas satisfaites des prestations. Elles déplorent le fait qu'on ne les dépiste pas assez, qu'on ne les écoute pas assez et nous savons que la problématique de la santé mentale est sous-diagnostiquée dans nos sociétés. Quand on voit en France par exemple la première cause de mortalité maternelle est une cause suicidaire et nous au Sénégal ce n'est certes pas le cas mais de plus en plus on voit des femmes qui ont des problèmes de dépression, d'anxiété liées à la grossesse, à l'infertilité. Ce qui fait qu'il va falloir qu'on essaie d'avoir des outils nécessaires et des moyens consistants afin de pouvoir réduire ce problème », a-t-il expliqué.

Hawa Sy, l'une des bénéficiaires de cette formation, est sage-femme à l'hôpital régional de Saint-Louis, par ailleurs présidente de l'Association des sage-femmes de Saint-Louis. Elle se réjouit de cette initiative qui, dit-elle, contribuera à améliorer la prise en charge de leurs patientes.

« Je pense qu'en tant que praticienne, cette formation est venue à son heure car on en a besoin comme tout le monde, nous les praticiennes et surtout nos patientes. Parce qu'on travaille à la maternité, et qui dit maternité dit stress », a-t-elle confié. Au cours de cette formation, elle et tous les autres participants ont eu droit à plusieurs exercices de gestion du stress et de l'anxiété.

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