Les déclarations du leader de l'opposition, Joe Lesjongard, sur l'attribution du contrat de fioul lourd à Sahara Energy continuent de faire réagir. Dans une prise de position, Suttyhudeo Tengur est venu défendre la démarche adoptée par la State Trading Corporation (STC), estimant que les accusations d'« irrégularités » avancées lors d'une conférence de presse ne reposent pas sur les réalités du marché énergétique international.
Selon lui, les décisions prises par la STC s'inscrivaient dans un contexte exceptionnel marqué par des enjeux de sécurité d'approvisionnement énergétique. Il rappelle que l'ancien fournisseur, Coral/2Rivers DMCC, ne pouvait plus poursuivre normalement ses opérations en raison des sanctions internationales et des perturbations géopolitiques.
Cette situation, soutient-il, faisait peser un risque immédiat sur l'approvisionnement énergétique du pays et sur la continuité de la production d'électricité du Central Electricity Board (CEB). Il souligne également que le ministre concerné avait confirmé au Parlement que des procédures d'urgence avaient été enclenchées afin de garantir la continuité de l'approvisionnement national.
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Suttyhudeo Tengur conteste également les comparaisons faites entre les tarifs appliqués dans le contrat conclu avec Sahara Energy et un ancien taux de USD 69,80 par tonne métrique. Selon lui, cette lecture est incomplète, car le «premium» comprend plusieurs éléments essentiels liés au marché international. Il cite notamment les coûts du fret maritime, des assurances, des risques de guerre, de la logistique, de la disponibilité immédiate des cargaisons ainsi que différents frais opérationnels.
Les premiums évoqués dans le contrat avec Sahara Energy seraient les suivants :
· USD 70,81/MT pour le HSFO 180 CC
· USD 78,04/MT pour le HSFO 180 SR
· USD 68,74/MT pour le HSFO 380 SR
· USD 58,26/MT pour le VLSFO 180 CST
Selon Suttyhudeo Tengur, ces tarifs demeurent « globalement proches des références historiques » et ne sauraient être considérés comme excessifs dans le contexte actuel.
Un contexte mondial tendu
Pour appuyer son argumentation, il met également en avant les récentes analyses publiées par la Banque mondiale et l'Agence internationale de l'énergie (IEA), qui font état d'une hausse attendue des prix mondiaux de l'énergie et de tensions persistantes sur le marché pétrolier international.
Il souligne aussi que les coûts du transport maritime et des assurances de guerre ont fortement augmenté ces derniers mois. Citant des données du Baltic Exchange et de Lloyd's Register, il affirme que certains frais de transport pétrolier seraient passés d'environ USD 3 à USD 11 par baril, tandis que les tarifs journaliers des grands pétroliers auraient dépassé les USD 400 000.
Dans ce contexte, Suttyhudeo Tengur estime que la STC a agi afin de préserver la sécurité énergétique du pays et d'éviter toute rupture d'approvisionnement. Pour lui, présenter cette opération comme une irrégularité «relève davantage d'une interprétation politique que d'une analyse économique sérieuse et objective ».