L'artiste Karoline Guèye qui occupe le Pavillon Sénégal à la 61-ème édition de la Biennale d'art de Venise, avec une proposition intitulée "Wurus", s'est dite "très honorée" de représenter son pays, soulignant la "grande responsabilité" que cela représente dans l'un des événements artistiques les plus importants du monde.
"Je suis vraiment très honorée de représenter le Sénégal à cette 61-ème édition de la Biennale de Venise. C'est vraiment une grande responsabilité et j'ai vraiment pris à coeur de faire le meilleur possible pour représenter le Sénégal", a-t-elle dit en marge de l'inauguration du Pavillon Sénégal, mercredi en fin d'après-midi.
"D'ailleurs, quand j'en parle, je suis émue parce que c'est vraiment super important de représenter le pays", a-t-elle ajouté.
Des artistes, des commissaires d'exposition, sénégalais et venant d'autres pays africains (Mali, Côte d'Ivoire, notamment) et d'autres continents prennent part à ce rendrez-vous artistique d'envergure.
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Evoquant le sujet de sa proposition, l'or, elle dit que son approche est de "ne pas utiliser l'or dans sa matérialité, mais plus du côté de sa valeur".
"C'est pour ça que tout le parcours de cette installation montre que le visiteur est acteur, parce que la position qu'il a par rapport aux oeuvres donne une autre perception", explique-t-elle.
Le message véhiculé est de montrer qu'en réalité, la valeur est construite et que, finalement, lorsqu'on change de perception, de position, de regard, on se rend compte qu'on donne soi-même la valeur aux choses".
Il s'agit, à travers "Wurus", de "voir les choses différemment", selon Karoline Guèye, qui estime que l'exposition à la Biennale de Venise a été réalisée "spécifiquement pour le pavillon Sénégal". "Tout est nouveau pour le pavillon Sénégal et le lieu a été pensé pour +Wurus", dit-elle.
"Vous n'avez donc que des oeuvres inédites et comme je pense de façon architecturale, de façon spatiale, le lieu a été complètement reconstruit, les parcours, ma scénographie pour le pavillon et l'idée qui la porte était de faire en sorte que le lieu accueille les oeuvres en même temps que lui-même soit une oeuvre", a ajouté l'artiste.
Pour Karoline Guèye, "tout est vraiment sur la perception, la position, la valeur et l'or. L'installation touche à différentes choses : le désir, le pouvoir, la valeur. Ensuite il y a plusieurs axes qui peuvent être historiques, géopolitiques, astrophysiques, économiques que l'on peut développer juste à partir de l'or, un métal qui parle à tout le monde".
Elle tente de montrer la relativité de ce que l'on considère comme ayant de la valeur. "On connaît l'or et, en même temps, la valeur est construite, mais si, par exemple, vous allez sur [la planète] Mars, sur la lune, l'or n'a aucune valeur. Ce qui a de la valeur là-bas, c'est l'eau. Donc c'est un peu tout ça", explique-t-elle.
"Après, dit-elle, on peut parler d'un aspect plus astrophysique en disant qu'en fait l'or vient d'une explosion d'étoiles à neutrons", relevant en même temps le volet historique avec Kanka Moussa, l'empereur du Mali de 1312-1337 et dont on dit qu'il est l'homme le plus riche de l'histoire.
L'installation "Wurus" permet également d'évoquer l'aspect géopolitique en parlant des terres rares, ces métaux essentiels dans la technologie de pointe.
"Donc c'est vraiment un sujet qui permet d'axer la réflexion sur plusieurs domaines différents, mais à partir de l'axe de la valeur, de la perception et de la construction du regard".