Congo-Kinshasa: Des opposants et acteurs de la société civile dénoncent le discours du président sur un troisième mandat

Le président congolais Félix Tshisekedi a ouvert la porte le 6 mai 2026 à un éventuel troisième mandat à l'issue d'un référendum constitutionnel, et à un report de l'élection présidentielle prévue en 2028 si le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) devait se poursuivre. Des propos tenus durant une conférence de presse qui ont provoqué des critiques dans les rangs de l'opposition et au sein d'une partie de la société civile.

Félix Tshisekedi l'a dit mercredi soir sans ambages : si les Congolais le demandent, il est prêt pour un troisième mandat. Les réactions de l'opposition n'ont pas tardé, en RDC et à l'étranger.

À Kinshasa d'abord, où Delly Sesanga, qui tente depuis quelques mois d'organiser des manifestations sur place, parle de masques qui tombent. Pour cet ancien député et ministre, Félix Tshisekedi manoeuvre désormais à découvert pour un troisième mandat par plébiscite et appelle « tous les démocrates à faire obstacle à ce qu'il considère comme une dérive ».

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De l'exil ensuite, où l'ancien député Claudel-André Lubaya, qui tente aussi d'organiser l'opposition dans la diaspora, monte d'un cran sur le terrain juridique. Il cite l'article 220 de la Constitution, qui rend certaines dispositions intangibles, comme les articles 164 et 165 sur la haute trahison, et conclut qu'invoquer la volonté du peuple pour justifier une révision n'est que « duperie ».

Dans ce même exil, Francine Muyumba, ancienne sénatrice et membre du PPRD de Joseph Kabila, est catégorique : Félix Tshisekedi n'aura pas de troisième mandat. Elle annonce une mobilisation pour faire échec à toute tentative de confiscation du pouvoir.

La Lucha, le mouvement citoyen qui était en première ligne contre le prolongement du mandat de Joseph Kabila entre 2016 et 2018, pose une question directe au pouvoir : si on ne peut pas organiser des élections au Nord-Kivu et Sud-Kivu à cause de la guerre, comment organiser un référendum dans ces mêmes provinces ?

Des poids lourds qui peaufinent leur réaction

Mais à ce stade, des poids lourds de l'opposition et de la société civile n'ont pas encore parlé. Les absences de réaction de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), de Martin Fayulu ou de Moïse Katumbi, semblent souligner que ces derniers le temps de peser leurs mots. Par exemple, Martin Fayulu, deux fois candidat à la présidentielle, s'exprimera le 8 mai au cours d'une conférence de presse.

Le camp de Moïse Katumbi, lui aussi ancien candidat et aujourd'hui en exil, prépare sa communication. Côté société civile, la Cenco, qui avait été parmi les premières à mettre en garde contre toute révision de l'article 220, se concerte. Une réaction est attendue. La séquence n'est donc pas terminée.

Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi, 62 ans, arrivera au terme de son second mandat de cinq ans en 2028. La Constitution congolaise place actuellement la limite à deux mandats présidentiels.

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