Cote d'Ivoire: Sucrivoire passe à la perte alors que l'expansion financée par la dette fait des ravages

Sucrivoire (BRVM : SCRC) a affiché sa plus forte perte nette depuis des années en 2025, le coût d'un programme d'investissement lourd - et la dette levée pour le financer - ayant écrasé une marge d'exploitation déjà mince.

Le chiffre d'affaires a chuté de 8 % à 80,6 milliards de FCFA (144,1 millions de dollars) et la société est passée d'un bénéfice de 2,47 milliards de FCFA (4,4 millions de dollars) l'année précédente à une perte de 7,95 milliards de FCFA (14,2 millions de dollars). Le facteur déterminant n'est pas l'exploitation - qui était à peine rentable - mais les charges financières qui ont plus que triplé lorsque la société a eu recours à de nouveaux emprunts à long terme pour payer la réhabilitation de l'usine et l'expansion des plantations. La dette totale au bilan est passée de 24,1 milliards de FCFA (43,1 millions de dollars) à 64,5 milliards de FCFA (115,3 millions de dollars) en une seule année.

En octobre 2025, Sucrivoire a émis une obligation convertible sur la BRVM - la première du genre dans le secteur sucrier ivoirien - dans le cadre de cet effort de financement. La société a dépensé 25,2 milliards de FCFA (45 millions de dollars) en immobilisations au cours de l'année, contre 18,6 milliards de FCFA (33,2 millions de dollars) en 2024, en ciblant la réhabilitation de ses deux sucreries de Zuénoula et Borotou-Koro dans le nord et l'ouest de la Côte d'Ivoire. Aucun dividende n'a été proposé.

Sucrivoire est une filiale de SIFCA, l'un des plus grands conglomérats agro-industriels d'Afrique de l'Ouest, et gère plus de 14 000 hectares de plantations de canne à sucre.

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Points clés à retenir

Sucrivoire se trouve au milieu d'un cycle d'investissement douloureux mais nécessaire. Ses usines sont anciennes, sa production stagne bien en dessous de sa capacité annuelle de 110 000 tonnes, et la concurrence de l'autre producteur de sucre ivoirien, Sucaf CI (groupe Castel), maintient les prix sous pression malgré l'interdiction des importations de sucre imposée par le gouvernement depuis 2020.

L'interdiction des importations protège les deux producteurs, mais supprime également les incitations concurrentielles à l'amélioration. Le soutien de SIFCA donne à Sucrivoire la crédibilité financière nécessaire pour lever des fonds à cette échelle, mais l'entreprise devra rapidement traduire ces dépenses d'investissement en une augmentation de la production - la facture d'intérêts est maintenant importante par rapport aux bénéfices d'exploitation.

Les résultats du premier semestre 2025 laissaient déjà présager une année difficile, avec une baisse du chiffre d'affaires de 5 % et une perte d'environ 10 millions d'euros. On espère que l'extension et la modernisation des capacités, si elles sont mises en service comme prévu, permettront d'augmenter la production de sucre, de réduire les coûts unitaires et de rétablir la rentabilité qui a permis à l'entreprise de verser des dividendes au cours des années précédentes. En attendant, les actionnaires minoritaires de la BRVM assistent à l'érosion de leurs fonds propres.

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