Ile Maurice: Michaël Sik Yuen répond au leader de l'opposition

À la suite de la conférence de presse du 6 mai du leader de l'opposition, Joe Lesjongard, le ministre du Commerce, Michaël Sik Yuen, a réagi et a fourni des explications lors d'un point de presse tenu hier au sujet des contrats d'approvisionnement en produits pétroliers. Le ministre a rappelé que, depuis 2006, un accord de gouvernement à gouvernement (G2G agreement) avait été signé entre Maurice et l'Inde concernant l'approvisionnement en produits pétroliers, notamment l'essence, le diesel, le Jet A1 - carburant pour l'aérien -, le marine gas oil ainsi que l'huile lourde. Le gouvernement indien avait alors confié à Mangalore Refinery and Petrochemicals Limited (MRPL) la responsabilité d'assurer l'approvisionnement.

Recourir à des courtiers

«L'ancien gouvernement a mis fin au G2G afin de recourir à des courtiers et lancer des appels d'offres en 2019. Le premier contrat a été attribué à PetroChina, puis le deuxième à cette même société. Le troisième contrat a été accordé à BB Energy DMCC. Par la suite, Coral Energy DMCC a obtenu au moins quatre contrats consécutifs. Lors du troisième contrat, cette société ne figurait pas sur le WES.

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Lorsque le Bid Evaluation Committee s'est réuni, la State Trading Corporation (STC) avait pris la décision d'allouer le contrat à BB Energy DMCC. Par la suite, nous ne savons pas ce qui s'est passé : la décision a été révisée et le contrat a finalement été attribué à Coral Energy DMCC. Le 24 juillet 2024, Coral Energy DMCC a changé de nom pour devenir 2Rivers DMCC.»

La STC, sous le nouveau gouvernement, a lancé un appel d'offres pour la fourniture d'huile lourde le 10 décembre 2024, pour la période allant du 1eᣴ avril 2025 au 31 mars 2026. Après quelques jours, le 17 décembre 2024, il a été annoncé que 2Rivers DMCC avait été sanctionnée par le RoyaumeUni. La compagnie a informé la STC qu'elle ne pourrait pas honorer son contrat, alors qu'il lui restait encore trois livraisons à effectuer. «Entre-temps, nous comprenons que notre fournisseur d'huile lourde ne pourra pas assurer les livraisons et que le Central Electricity Board (CEB) sera en difficulté.

La STC a donc lancé un emergency tender pour une seule livraison. Quatre soumissionnaires ont participé à cet exercice. Sahara Energy Resource Limited a proposé le prix le plus bas. Le 23 décembre 2024, un deuxième appel d'offres a été lancé. Quatre soumissionnaires ont de nouveau répondu, et Sahara Energy Resource Limited est restée la moins chère. La STC n'a à aucun moment facturé le CEB plus cher», a affirmé le ministre. Michaël Sik Yuen a relevé, pour mémoire, que la STC et le CEB ont signé un accord le 23 janvier 2023. Celui-ci est entré en vigueur le 1er février 2023 et a pris fin le 31 janvier 2026. Il a ajouté que les prix prévus dans cet accord ont été respectés.

«Emergency tender» le 9 mars

Quand un contrat est attribué, explique le ministre du Commerce, une performance security est exigée. 2Rivers DMCC a dû fournir une garantie de USD 5 millions. Mais des 5 millions du Performance Security, il devait payer USD 1,3 million. Ainsi, «ni le CEB ni la STC n'ont payé plus cher, car les 1,3 million dollars américains ont été remboursés par 2Rivers DMCC», souligne-t-il.

«Concernant l'appel d'offres du 10 décembre, il y a eu huit soumissionnaires. Nous essayons de retenir l'offre la moins chère possible. Malheureusement, après la due diligence, deux des soumissionnaires n'ont pas été retenus. (...) Dans un des cas, une procédure est en cours. (...) Lorsqu'il y a un problème avec un fournisseur, nous évitons de lui attribuer un contrat.» Il a donc été décidé de prolonger le contrat de Sahara Energy Resource Limited.

Puis, le conflit au MoyenOrient a été déclenché le 28 février dernier. En raison de ces tensions, une cargaison d'huile lourde n'a pu quitter le port de Fujaïrah. Entre-temps, la STC a lancé un emergency tender le 9 mars, avec une clôture dans les 48 heures. À la suite de cet appel d'offres, quatre soumissionnaires ont répondu. Parmi eux, une offre à 227 USD (NdlR, la tonne métrique), une autre à 232 USD et une troisième à 369 USD ont été proposées, cette dernière étant jugée excessivement chère.

Le comité d'évaluation s'est réuni le 11 mars et, entre-temps, Sahara Energy Resource Ltd a informé la STC qu'elle pourrait assurer l'approvisionnement depuis Singapour sans coût additionnel, mais au prix Platts du jour. À défaut, il aurait fallu acheter à 200 USD.

«Jusqu'à aujourd'hui, nous demandons encore au gouvernement indien de nous fournir de l'huile lourde. Celui-ci doit répondre à des spécifications précises. (...) Nous travaillons encore sur l'accord G2G et espérons le finaliser très bientôt. Le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, est actuellement en Inde. Je lui ai d'ailleurs demandé d'aborder cette question avec le gouvernement indien.

À long terme, notre objectif est de maintenir cet accord G2G afin de garantir la security of supply», avance Michaël Sik Yuen. «Même pour le prochain accord que nous allons signer bientôt, il nous a été indiqué que ce n'est qu'à partir du mois d'août que l'essence et le diesel pourront être fournis.»

Appels d'offres pétroliers : Entre prix platts et prime fixe

Quand on lance un appel d'offres pour des produits pétroliers, on paie le prix Platts ainsi qu'un prix premium. Le prix Platts, qui évolue, dépend donc du prix du marché du jour. En revanche, le prix premium, une fois signé, est généralement fixé pour un an. Ce premium comprend notamment le fret, l'assurance, la marge du fournisseur, les coûts logistiques, le nettoyage des cuves et les frais de sécurité, explique le ministre du Commerce.

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