Madagascar: Violences policières - Les gendarmes auteurs d'exactions restent impunis

Un mois et une semaine après des violences impliquant des gendarmes à Antalaha, l'affaire demeure sans suite judiciaire claire.

Une adolescente de 17 ans est actuellement hospitalisée à l'hôpital de Besopaka, à Sambava, après avoir été victime d'un viol qu'elle attribue à des gendarmes, jusqu'ici non poursuivis. Elle souffre de douleurs abdominales, de lésions intimes, a perdu du poids et présente des troubles de la marche.

Selon son témoignage, quatre gendarmes ont pénétré à son domicile alors qu'elle dormait. L'un d'eux l'aurait menacée de mort avec une arme si elle refusait tout rapport sexuel. Elle affirme reconnaître son agresseur.

Ces violences s'inscrivent dans une série d'exactions signalées à Marofinaritra, dans le district d'Antalaha, après la disparition d'un pistolet automatique. Selon le député Julien Nasira, un gendarme en état d'ivresse aurait perdu son arme dans la nuit du 2 au 3 avril.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Autorisation de poursuite

La gendarmerie conteste cette version et soutient que l'arme aurait été dérobée lors d'une intervention au cours de laquelle un gendarme aurait été pris à partie par des habitants. L'affaire aurait ensuite dégénéré en abus de pouvoir. Plusieurs habitants ont été arrêtés et frappés, un jeune homme de 20 ans est décédé et la population dit avoir vécu dans la peur.

Le député Julien Nasira dénonce l'absence de sanctions contre les gendarmes impliqués. La procureure d'Antalaha aurait indiqué attendre une autorisation de poursuite de la hiérarchie militaire. Le pistolet disparu aurait été retrouvé, sans qu'aucune précision officielle n'ait été fournie. Population et élus réclament des mesures exemplaires, mais aucune action concrète n'a, jusqu'ici, été annoncée.

Face à la colère et au sentiment d'impunité, la Gendarmerie nationale a publié jeudi un communiqué. Elle y réaffirme son attachement à sa devise, « Patrie et Loi », condamne fermement les abus commis par certains de ses éléments et annonce des réformes internes.

Le ministre délégué chargé de la Gendarmerie, le général Bama Marima, et le commandant de la Gendarmerie nationale, le général Mbina Nonos Mamelison, annoncent la mise en oeuvre de dispositifs d'assainissement et de réforme. L'institution appelle également à renforcer la coopération avec les autorités et la population afin de restaurer la confiance.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.