Congo-Brazzaville: Patrimoine familial - Mgr Raphaël Nguié déplore des injustices sur la terre Kouomi

L'archevêque métropolitain de l'Eglise orthodoxe syriaque du Congo et grand chapelet général d'Afrique a interpellé, le 7 mai à Brazzaville, les siens ainsi que les plus hautes autorités de la République à jouer leur partition pour la reconnaissance de ses droits d'héritier de la terre Kouomi, au village Mandiélé, dans le département de Djoué-Léfini.

Sur la terre Kouomi, la superficie ne cesse de se réduire au profit des grands projets du pays. Il y est dénoncé des injustices, du mépris et l'usurpation de pouvoirs entre les petits fils de Ngandzobo, chef de terre. C'est ainsi que l'archevêque métropolitain de l'Eglise orthodoxe syriaque du Congo sort de son silence pour solliciter l'implication de tous à la résolution de certaines incompréhensions.

« Avec tout ce qui se passe là-bas, je n'ai jamais dit mot. Mais voyant la manière dont les choses sont en train de partir, je me suis dit, rester dans l'ombre sans dire mot, c'est comme si j'assiste au grand déluge. Cette terre-là est celle de mes ancêtres. Le chef de cette terre, c'est Ngandzobo », a déclaré Mgr Raphaël Nguié.

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Pour retracer brièvement l'histoire, le patriarche orthodoxe, premier petit-fils de Ngandzobo, a précisé que ce dernier a hérité cette terre de son côté paternel. Il a eu six enfants qui sont leurs grands-mères et dont l'un était un enfant adopté.

Le chef de terre Ngandzobo qui a vécu à l'époque coloniale a eu des femmes dont l'une lui avait donné un enfant qu'on appelle André Itsinon, c'est lui le gardien du temple.

« Aujourd'hui, nous avons aussi des petits-frères qui sont aussi des petits-fils. Le village Mandiélé n'avait pas été créé par Ngandzobo mais plutôt par le premier vassal du royaume Téké qu'on appelait Ngailino, qui avait quitté la terre de Mbé, et est venu s'installer là, avec toute sa famille », a expliqué le prélat catholique.

Fils d'un collecteur d'impôts sur la rive droite du fleuve Congo, l'archevêque métropolitain de l'Eglise orthodoxe syriaque du Congo se souvient. « La terre, il n'y avait pas de problème. Les grands-pères sont tous morts ainsi que les grands-mères. Mais curieusement, en 2012, on a commencé à vendre la terre. Je sens quand même du mépris de la part de mes frères qui rejettent les autres. Mais moi, je vous rappelle encore une chose, je suis aussi le fils du chef de terre, qui a commandé cette terre, Maloukou. De 1948 jusqu'en 1970, mon père Nguié était un collecteur d'impôts, de l'île Mbamou jusque sur le couloir fleuve », a-t-il précisé.

L'archevêque orthodoxe a affirmé que son père avait oeuvré pour l'obtention de l'hôpital, de la route et de l'école de Maloukou. Au regard de sa position ecclésiale, il est contre toutes les formes d'injustice et de mépris. « Je dis non. Je suis de la première lignée. J'ai l'histoire que ma grand-mère m'avait laissée. Je connais tout le monde, comment nous sommes sur cette terre. Moi je ne les rejette pas, je ne nie pas ce qu'ils sont. Parmi les fils, les petits-fils, mon nom n'y figure pas. Je dis non », s'est indigné Mgr Raphaël Nguié.

Il a salué les investissements publics et privés en cours de réalisation sur la terre Kouomi, au village Mandiélé, car a-t-il dit, ces financements vont dynamiser la transformation structurelle de l'économie congolaise.

Mgr Raphaël Nguié a toutefois attiré l'attention des personnes mal intentionnées qui s'immiscent dans la présentation de ce dossier foncier pour en faire une récupération politicienne. « L'Etat est en train d'investir, de moderniser notre terre, c'est bien. Mais, il y a un grincement d'un côté. Si tu n'es pas dans l'histoire de la terre, dans cette lignée-là, ne mets pas la tête. Je ne peux pas me laisser faire. Voilà pourquoi je lance un appel pour interpeller le pouvoir public. Pour dire que non, sur cette terre de Mandiélé, où les autres ont pu la défendre, sachez-le qu'il y a un monseigneur qui est là, un orthodoxe, qui regarde, qui est méprisé », a-t-il conclu.

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