Sénégal: Alla Kane - 'La relecture du Code électoral est une leçon de démocratie'

Dakar — Le doyen de l'Assemblée nationale et figure du parti PASTEF (majorité), Alla Kane, 89 ans, a estimé samedi que la procédure de la nouvelle délibération du Code électoral ayant conduit à l'adoption, par 128 voix pour et 5 contre, de la loi modifiant le Code électoral (loi n°2021-35 du 23 juillet 2021), constitue "une leçon de démocratie".

"Aujourd'hui, on a reçu une leçon de démocratie au Sénégal", a-t-il déclaré dans un entretien avec l'APS, à l'issue de l'adoption du texte par les députés.

Il a souligné que la loi initialement adoptée avait fait l'objet de clarifications en raison d'ambiguïtés relevées dans certaines formulations.

Selon lui, l'Assemblée nationale a suivi l'ensemble des étapes prévues par la procédure législative, de l'examen en commission jusqu'au vote en séance plénière.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Alla Kane a indiqué que le texte a été renvoyé à l'Assemblée nationale par le chef de l'État, qui aurait relevé des difficultés d'interprétation liées à deux formulations différentes.

Le doyen de l'Assemblée nationale a précisé que la commission des lois a réexaminé le texte avant son adoption en plénière ce samedi, à l'issue de débats parlementaires.

"Nous avons repris la procédure, d'abord par la commission des lois qui a examiné et adopté le texte, ensuite par la plénière où le rapport a été présenté", a-t-il expliqué.

Il a ajouté que le texte a été adopté à la majorité requise, conformément aux dispositions constitutionnelles exigeant une majorité qualifiée.

"Nous avons voté et la procédure législative est maintenant terminée", a-t-il dit, soulignant que le texte de loi a été transmis à la présidence de la République pour promulgation.

Selon lui, les dispositions constitutionnelles encadrent les délais de promulgation et prévoient, le cas échéant, des mécanismes institutionnels en cas de non-intervention, permettant au président de l'Assemblée nationale d'intervenir dans certaines conditions.

Il a également précisé que la relecture du Code électoral relève d'une correction de forme et non d'un désaccord sur le fond du texte.

Cette démarche, a-t-il dit, vise à rectifier des erreurs matérielles et à lever des ambiguïtés rédactionnelles, puisque le contenu substantiel de la loi n'a pas été modifié.

Alla Kane a indiqué que le texte a été "clarifié de manière nette et précise" lors de la séance plénière, estimant que l'Assemblée nationale s'est prononcée à une majorité dépassant le seuil requis par la Constitution.

Selon lui, "la balle est désormais dans le camp du président de la République", en référence à la phase de promulgation prévue par les textes.

Le doyen du parlement a toutefois mis en garde contre certaines influences au sein de l'entourage présidentiel, qu'il juge susceptibles de créer des tensions politiques, l'appelant à une réorientation pour préserver l'apaisement institutionnel.

Alla Kane a rappelé qu'au Sénégal, la dernière seconde lecture d'un texte comparable remontait à 1974, sous la présidence de Léopold Senghor, en rapport avec les fêtes légales.

Il a souligné qu'aucune relecture de ce type n'a eu lieu en 52 ans, de 1974 et 2026.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.