Cameroun: Anicet Ekane - Douala en deuil pour le martyr de la présidentielle camerounaise de 2025

Après sa mort en détention, Anicet Ekane reçoit ce matin les honneurs que l'État lui a refusés. À l'hôpital Laquintinie de Douala, la levée de corps a réuni ce que la politique camerounaise compte encore de vivant et de libre.

Un adieu solennel à Laquintinie

La cérémonie s'est tenue dans le recueillement. Famille, militants, personnalités civiles et représentants de formations politiques ont convergé vers l'hôpital Laquintinie pour un dernier hommage à l'homme mort le 1er décembre 2025. L'émotion était palpable, profonde, unanime.

Parmi les présences remarquées : l'avocate Alice Nkom, Serge Espoir Matomba, Rebecca Enonchon, Joseph Antoine Bell, Henriette Ekwe, Samuel Moth. Le Social Democratic Front, APAR et plusieurs organisations citoyennes avaient dépêché leurs représentants. Le MRC, seul, a signifié son absence par un boycott.

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Qui était Anicet Ekane

Anicet Ekane présidait le MANIDEM Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie depuis des décennies. Opposant de conviction, il avait traversé les cycles répressifs sans jamais abandonner le terrain électoral. Son engagement auprès d'Issa Tchiroma Bakary lors de la présidentielle camerounaise d'octobre 2025 lui a coûté la liberté, puis la vie.

Ses partisans affirment qu'il fut l'artisan d'une victoire réelle, non reconnue. Le Conseil constitutionnel a nommé Paul Biya. Ekane a été arrêté. Il est mort au sein du SED trente-neuf jours après le scrutin.

La mécanique de l'effacement

Le SED opère hors du droit commun. Ses détenus n'accèdent ni aux recours ordinaires, ni à la visibilité médiatique des prisons civiles. La mort d'Anicet Ekane dans ce cadre n'est pas un incident administratif. C'est l'aboutissement logique d'un dispositif conçu pour neutraliser sans procès.

Ce mécanisme est connu. Il a déjà produit des disparus, des corps rendus sans autopsie, des familles réduites au silence. Ce matin à Laquintinie, ce silence a pris un visage. Il s'appelle deuil collectif.

La question que personne ne pose encore officiellement

Anicet Ekane est mort. Le MANIDEM enterre son président. Les personnalités présentes ce matin à l'hôpital Laquintinie ont salué l'homme. Mais aucune institution camerounaise n'a, à ce jour, ouvert d'enquête sur les circonstances de sa mort en détention. Combien de temps encore cette question restera-t-elle sans réponse officielle ?

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