Le rapport spécial du Public Accounts Committee (PAC) sur le stockage des médicaments provoque de fortes tensions au sein du comité parlementaire. Cinq membres du PAC, soit Ram Etwareea, Kaviraj Rookny, Reza Saumtally, Raveen Jagurnauth et Tony Apollon, dénoncent publiquement ce qu'ils qualifient d'«utilisation abusive, politicienne et démagogique» du rapport par le président du PAC, Adrien Duval.
Dans une correspondance adressée à la speaker de l'Assemblée nationale, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, les cinq membres rappellent qu'ils ont pleinement participé à l'élaboration du rapport spécial intitulé Warehousing of Medical Supplies - Central Supplies Division (CSD), Ministry of Health and Wellness, publié le 23 avril 2026.
Ils précisent adhérer entièrement aux constats et recommandations contenus dans ce document, qui met en lumière des problèmes structurels liés au stockage des médicaments, sur la base des rapports de l'Audit des exercices 2021-2022 à 2023-2024, ainsi que des visites effectuées à Plaine-Lauzun et New-Grove en octobre 2025.
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Toutefois, les cinq membres affirment que le président du PAC a dépassé le cadre du rapport dans ses interventions médiatiques. Ils lui reprochent notamment d'avoir attribué la responsabilité de la situation au gouvernement actuel et d'avoir évoqué la démission du ministre de la Santé.
Selon eux, le comité a travaillé «avec sérieux, rigueur et dans un esprit strictement non partisan» sur une question relevant de l'intérêt national et de la santé publique. Ils estiment ainsi que les déclarations d'Adrien Duval constituent «une instrumentalisation regrettable d'un dossier sensible à des fins politiques partisanes».
Les signataires dénoncent également certaines déclarations publiques laissant entendre que les conditions de stockage des médicaments mettaient directement en danger la vie des patients. Ils soutiennent que ces propos ne reflètent pas les observations faites lors des visites du comité, notamment en ce qui concerne des allégations d'infestation. Ils regrettent aussi que les explications des cadres du ministère de la Santé n'aient pas été prises en compte publiquement. Selon eux, des démarches étaient déjà engagées pour identifier un site alternatif de stockage, notamment un bâtiment appartenant à la Banque de développement de Maurice, nécessitant toutefois d'importants travaux d'assainissement en raison de la présence d'amiante.
Malgré leurs divergences avec le président du PAC, les cinq membres précisent qu'ils ne remettent pas en cause sa présidence, tout en indiquant avoir attiré l'attention de la speaker sur ce qu'ils considèrent comme «un abus de fonction».
Contacté, Adrien Duval a réagi en affirmant que le rapport avait été approuvé à l'unanimité par tous les membres du comité. Il soutient que «tous les faits rapportés dans le document ont reçu l'approbation et le vote des membres du PAC».
Adrien Duval affirme également que des pressions seraient exercées sur les membres du gouvernement au sein du comité afin de discréditer le rapport. Selon lui, «les faits relatés sont graves» et mettent en difficulté à la fois le gouvernement actuel et l'ancien régime.
Le président du PAC a aussi évoqué la composition du comité, estimant qu'elle devrait être revue afin de respecter l'équilibre traditionnel entre majorité et opposition. Selon lui, le PAC compte actuellement neuf membres du gouvernement contre un seul de l'opposition.