Afrique: Alioum Saïdou (Cameroun U-17) - « Cette compétition est une immense opportunité pour nos jeunes »

interview
  • 9e participation du Cameroun à la TotalEnergies CAF Coupe d'Afrique des Nations U-17
  • Pour cette édition 2026 (13 mai - 2 juin), les Lionceaux Indomptables évolueront dans le Groupe B aux côtés de l'Ouganda, de la Côte d'Ivoire et de la RD Congo
  • Alioum Saïdou dispute sa deuxième phase finale consécutive à la tête des U-17 camerounais

À quelques jours du coup d'envoi de la TotalEnergies CAF Coupe d'Afrique des Nations U-17 Maroc 2026, le Cameroun avance avec l'ambition de confirmer son retour durable parmi les grandes nations du football africain des jeunes. Qualifiés pour une deuxième phase finale consécutive, les Lionceaux Indomptables s'apprêtent à disputer la neuvième CAN U-17 de leur histoire avec la volonté de franchir un nouveau cap après l'élimination frustrante du premier tour lors de la précédente édition.

Installés au Complexe Mohammed VI de Rabat après un dernier match de préparation remporté face au Mozambique (3-1), les Camerounais découvrent un environnement à la hauteur de leurs ambitions. À leur tête, Alioum Saïdou, poursuit le travail entrepris depuis plus de deux ans autour d'un groupe façonné dans la durée, entre détection, suivi individuel et exigences imposées par la CAF. L'ancien international camerounais, qui dispute sa deuxième phase finale consécutive avec les U-17, insiste sur l'importance du développement des joueurs bien au-delà du seul résultat immédiat.

Placés dans un Groupe B particulièrement relevé avec la Côte d'Ivoire, l'Ouganda et la RD Congo, les Lionceaux savent que chaque détail comptera dans une compétition où l'intensité et la pression montent rapidement. Mais au-delà des enjeux sportifs, Saidou Alioum souhaite avant tout permettre à ses jeunes joueurs de vivre pleinement cette expérience continentale, sans excès de pression, afin qu'ils puissent exprimer leur potentiel dans les meilleures conditions.

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Pour le technicien camerounais, cette CAN U-17 représente une étape essentielle dans la construction de futurs internationaux. Dans un football africain de plus en plus observé par les recruteurs et les clubs du monde entier, le Cameroun espère voir émerger une nouvelle génération capable, demain, d'alimenter les Lions Indomptables seniors.

CAFOnline.com : Vous venez d'arriver à Rabat. Comment se passe cette installation ?

Alioum Saïdou : C'est vrai que nous venons d'arriver. C'est notre première nuit ici, on va dire ça comme ça, parce qu'après le match amical (ndlr : victoire 3-1 contre le Mozambique) que nous avons joué à Casablanca, nous sommes arrivés dans la nuit. Nous sommes arrivés aux environs de 18h-19h. Une fois au Complexe Mohammed VI, il faut reconnaître que c'est impressionnant. Nous sommes en train de découvrir les lieux et, avec le temps, nous pourrons observer tout ce qui se passe autour.

Le Cameroun enchaîne une deuxième qualification consécutive à la TotalEnergies CAF Coupe d'Afrique des Nations U-17. Dans quelle mesure cette régularité témoigne-t-elle du travail effectué dans la formation ?

Cela montre quand même qu'il y a un travail important qui est en train d'être fait. Nous essayons de mettre le paquet sur le travail de formation.

Vous savez, travailler avec les jeunes de cette catégorie est très complexe, notamment avec les IRM imposées par la CAF. Malgré cela, nous multiplions les stages afin de trouver les joueurs aptes et éligibles pour intégrer le groupe.

Cela fait maintenant plus de deux ans que je travaille avec cette équipe et nous poursuivons ce travail de fond. Il y a également le championnat TDS qui a été mis en place et qui représente aujourd'hui une excellente opportunité pour détecter des joueurs capables d'évoluer à ce niveau.

L'an dernier, l'aventure du Cameroun s'était arrêtée dès la phase de groupes. Qu'avez-vous corrigé depuis ce tournoi ?

L'année dernière, nous avions pourtant une très bonne équipe, capable selon nous de gagner la compétition. C'est l'analyse que nous avons faite en tant que techniciens. Malheureusement, nous n'avons même pas réussi à passer le premier tour.

Cela dit, nous avons continué à suivre la progression de ces enfants. Le plus important n'est pas uniquement de gagner une compétition. Bien sûr, remporter un trophée est une bonne chose, mais le plus important reste le suivi de ces jeunes joueurs.

Aujourd'hui, certains de nos garçons ont déjà été présélectionnés avec les seniors. Cela prouve que le travail effectué porte ses fruits. Notre objectif est que, dans les années à venir, ces joueurs puissent intégrer l'équipe nationale fanion.

Par rapport à la déception de l'année dernière, nous avons beaucoup appris et nous essayons justement de corriger ce qui n'avait pas fonctionné.

Vous retrouvez dans votre groupe la Côte d'Ivoire, l'Ouganda et la RD Congo. Que vous inspire cette concurrence ?

Ce sont des équipes que nous connaissons bien. Personnellement, avec mon passé d'ancien footballeur professionnel, j'ai souvent affronté des sélections comme la Côte d'Ivoire dans des matches importants.

Ce genre de compétition est une expérience essentielle pour les jeunes. Ce sont des rencontres pour lesquelles il n'y a même pas besoin de motiver les joueurs.

Concernant la RDC, notre dauphin lors du tournoi UNIFFAC, je pense qu'ils auront une équipe différente. J'ai observé qu'ils ont changé une grande partie de leur effectif, peut-être même presque toute l'équipe. Cela montre qu'ils se sont aussi préparés sérieusement pour cette compétition.

Ce sera un tournoi difficile, mais nous allons rester concentrés. Comme je l'ai dit, nous avons beaucoup appris de nos erreurs de l'année dernière.

Comment préparez-vous ces jeunes garçons à gérer la pression d'une compétition continentale ?

C'est très important. Techniquement et physiquement, ils sont présents. Mais aujourd'hui, nous travaillons énormément sur l'aspect tactique et surtout mental.

Nous essayons de leur faire comprendre l'opportunité qu'ils ont aujourd'hui. Nous voulons qu'ils prennent du plaisir, parce que c'est dans ce plaisir que les résultats viendront.

Notre particularité est justement de ne pas leur mettre une pression excessive. Nous voulons qu'ils profitent pleinement de cette expérience.

Le Cameroun est toujours très attendu dans ce type de compétition. Comment gérez-vous ces attentes ?

C'est vrai que le Cameroun reste le Cameroun. Mais aujourd'hui, le football a changé et les compétitions aussi.

Nous essayons surtout d'amener les garçons à comprendre qu'ils doivent avant tout prendre du plaisir et rester concentrés. L'année dernière, cela n'a pas marché pour nous, donc nous travaillons beaucoup sur cet aspect-là.

Dans quelle mesure ce tournoi représente-t-il une étape importante dans la carrière de ces jeunes joueurs ?

Comme tous les jeunes footballeurs, ils rêvent de ce genre de compétition. Beaucoup d'enfants aimeraient être à leur place aujourd'hui. Eux ont cette chance de représenter le Cameroun. Ce sont des privilégiés et nous essayons de leur faire comprendre cela.

Participer à ce tournoi est une étape importante dans leur carrière. Avec l'exposition qu'offre aujourd'hui Internet, derrière cette compétition peut aussi arriver une Coupe du monde ou d'autres opportunités.

Tous les jeunes joueurs rêvent de participer à ce type de tournoi pour continuer à progresser jusqu'à atteindre l'équipe nationale senior.

Mais il faut aussi les protéger. Ces enfants sont parfois influencés très tôt dans leur carrière, notamment par certains agents ou par l'environnement extérieur. Nous essayons donc de bien les encadrer afin de minimiser les risques et de leur permettre de réussir leur carrière.

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