L'enquête menée par l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) sur un vaste réseau présumé d'importation de cannabis, de haschisch et de cocaïne se poursuit. Après plusieurs arrestations et des interrogatoires serrés, les auditions approfondies du policier Akash Hurruck pourraient bientôt permettre aux enquêteurs de faire la lumière sur plusieurs zones d'ombre et, éventuellement, de le disculper de certaines allégations.
Depuis plusieurs semaines, cette affaire sensible progresse sous la supervision directe du surintendant Goorah. Les enquêteurs tentent de démêler un réseau complexe dans lequel se croiseraient des policiers, intermédiaires et présumés trafiquants opérant entre l'aéroport et le sud de l'île. Selon plusieurs recoupements effectués au cours des interrogatoires, l'enquête serait complétée à environ 50 % concernant le volet impliquant le policier Hurruck.
Mais qu'est-ce qui incrimine réellement ce policier ? À ce stade, les enquêteurs s'appuient principalement sur les allégations formulées par son collègue Neeraj Pagoo, lui aussi arrêté dans cette affaire. Les deux hommes se connaissaient depuis plusieurs années et avaient servi ensemble au sein de la SSU Special Cell. Cette proximité professionnelle intrigue aujourd'hui les enquêteurs, qui cherchent à déterminer si leurs liens dépassaient le simple cadre du travail.
Selon nos informations, Akash Hurruck, représenté par Me Taij Dabycharun, nie catégoriquement toute implication dans ce réseau présumé de trafic de drogue. Toutefois, les enquêteurs poursuivent leurs vérifications. Une parade d'identification a récemment été organisée en présence de Douveersingh Bhujun, alias «Tipti», un habitant de La Rosa âgé de 23 ans, ainsi que de Dwishal Matai, habitant de Mare-d'Albert de 21 ans. Les deux hommes travaillent dans une station de lavage de véhicules à La Rosa, liée à un ancien officier de prison. Akash Hurruck aurait expliqué les connaître uniquement pour le lavage de son véhicule.
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Cette étape est considérée comme importante dans l'enquête. Bhujun et Matai font actuellement face à une accusation de conspiracy to pervert the course of justice. Les enquêteurs les soupçonnent d'avoir tenté d'effacer certaines traces ou d'induire les autorités en erreur dans cette affaire de trafic de stupéfiants.
D'après des sources proches du dossier, Hurruck aurait coopéré avec les enquêteurs dès qu'il a appris qu'il était recherché. Il se serait présenté volontairement aux autorités afin d'être interrogé. Lors de son audition, il aurait affirmé qu'il n'était pas en service le jour des faits évoqués dans certaines déclarations. Malgré cela, les enquêteurs continuent d'analyser les éléments recueillis.
L'affaire avait éclaté après la découverte d'une importante cargaison de cannabis et de haschisch, estimée à environ Rs 51 millions, dans une valise à l'aéroport. Cette saisie spectaculaire avait conduit, le 24 mars, à l'arrestation de trois personnes : les policiers Akash Hurruck et Neeraj Pagoo, ainsi que la Française Lisa Lily Romain.
L'arrestation d'Oumeshlall Ramsarran, âgé de 45 ans, le 26 mars à La Rosa, a ensuite marqué un tournant majeur dans cette enquête tentaculaire. Les enquêteurs de l'ADSU le considèrent comme l'un des piliers centraux - voire le cerveau opérationnel - d'un réseau structuré enraciné dans le Sud.
Un autre policier de la NCG arrêté
Parallèlement, un autre nom vient assombrir davantage l'image des forces de l'ordre : celui du sergent Kevin Purdassee, affecté à la National Coast Guard (NCG). Déjà impliqué dans une autre affaire d'importation de cannabis et de corruption, son cas alimente désormais les soupçons autour d'un système plus vaste impliquant certains policiers.
Arrêté le 12 mars 2026, Kevin Purdassee est accusé d'avoir accepté un pot-de-vin de Rs 15 000 afin de faciliter l'utilisation d'un bateau placé sous enquête policière. Ce bateau aurait été destiné à une opération de trafic estimée à plus d'un million de roupies. La cour de district de Rivière-Noire a refusé sa remise en liberté sous caution après examen des éléments présentés par les enquêteurs, notamment des témoignages et des données téléphoniques jugées accablantes. Une question demeure désormais au coeur de cette affaire : les allégations formulées contre le policier Hurruck reposent-elles uniquement sur les déclarations de Pagoo ou les enquêteurs disposent-ils déjà de preuves susceptibles d'impliquer d'autres policiers ?