Le 3 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été alertée après plusieurs décès suspects liés à une possible infection au hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, immobilisé au large du Cap-Vert. L’affaire, largement relayée par les médias internationaux, a rapidement suscité des inquiétudes en Afrique de l’Ouest, notamment en raison du risque potentiel de propagation d’une maladie rare mais particulièrement dangereuse.
Selon les premières informations communiquées, trois passagers ont perdu la vie après avoir développé de graves symptômes infectieux. Parmi les victimes figurent un couple néerlandais âgé de 69 et 70 ans ainsi qu’une ressortissante allemande. Le premier malade, un homme de 70 ans, aurait commencé à présenter des symptômes durant la croisière avant de décéder à bord du navire. Son épouse a ensuite été évacuée vers l’Afrique du Sud, où elle est morte dans un hôpital de Johannesburg. Une troisième personne est également décédée sur le bateau.
Face à cette situation, les autorités sanitaires cap-verdiennes ont interdit au navire d’accoster au port de Praia afin de prévenir tout risque de transmission sur le territoire national. Cette décision a été saluée comme une mesure de précaution logique dans une région particulièrement attentive aux risques d’épidémies après plusieurs crises sanitaires ayant touché le continent ces dernières années.
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D’après l’Organisation mondiale de la santé, les hantavirus sont des virus zoonotiques naturellement présents chez certains rongeurs. L’être humain peut être contaminé principalement par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés. Les infections humaines restent relativement rares dans le monde, mais elles peuvent provoquer des formes graves et parfois mortelles.
Même si aucun foyer de transmission communautaire n’a été signalé en Afrique à la suite de l’incident du MV Hondius, cette affaire rappelle les défis sanitaires liés à la circulation internationale des voyageurs et aux maladies émergentes. Les experts soulignent toutefois que la transmission du hantavirus entre humains demeure extrêmement rare. À ce jour, seul le virus des Andes, identifié en Amérique du Sud, a démontré une capacité limitée de transmission interhumaine, principalement lors de contacts étroits et prolongés.
Le principal risque de contamination reste donc l’exposition à des environnements infestés par des rongeurs infectés. Les activités impliquant le nettoyage de lieux fermés et mal ventilés, certains travaux agricoles ou forestiers, ainsi que le stockage inadéquat des aliments, augmentent considérablement les risques d’exposition au virus.
Dans plusieurs pays africains, où certaines zones urbaines et rurales connaissent encore des difficultés liées à l’assainissement et à la prolifération des rongeurs, les autorités sanitaires suivent la situation avec vigilance, même si le risque immédiat pour les populations est jugé limité à ce stade.
Chez l’être humain, les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition au virus. Les patients développent le plus souvent de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires et des troubles gastro-intestinaux comme des nausées, des vomissements ou des douleurs abdominales. Dans les formes les plus graves, des complications respiratoires importantes peuvent survenir.
À l’heure actuelle, il n’existe ni traitement antiviral spécifique ni vaccin homologué contre les hantavirus. La prise en charge médicale repose essentiellement sur des soins de soutien, une surveillance clinique étroite et le traitement des complications respiratoires, cardiaques ou rénales. Les spécialistes rappellent néanmoins qu’un accès rapide aux soins intensifs améliore considérablement les chances de survie des patients atteints de formes sévères.
L’OMS insiste également sur l’importance de la prévention pour limiter les risques d’infection. L’organisation recommande notamment de maintenir les habitations propres, de limiter l’accès des rongeurs aux bâtiments, de stocker correctement les aliments et d’adopter des méthodes de nettoyage sécurisées dans les zones contaminées. Les experts déconseillent fortement de balayer ou d’aspirer à sec les excréments de rongeurs, car ces pratiques favorisent la dispersion des particules infectieuses dans l’air.
Enfin, l’Organisation mondiale de la santé affirme poursuivre sa collaboration avec les pays africains et ses partenaires afin de renforcer les systèmes de surveillance, les capacités de laboratoire et les mécanismes de réponse rapide aux épidémies. L’institution met également en avant l’approche dite « One Health », qui relie la santé humaine, animale et environnementale dans la lutte contre les maladies émergentes.
Même si les cas signalés à bord du MV Hondius restent pour l’instant isolés, cet épisode rappelle l’importance pour les États africains de maintenir une vigilance sanitaire constante face aux risques de propagation de maladies infectieuses dans un contexte de mobilité internationale croissante.