Tunisie: « Gabès Cinéma Fen » - Je reviens de Gabès...

Je reviens de Gabès sur un petit nuage. Un nuage doré bardé d'intelligence, de subtilité, de créativité, et de découvertes. Un nuage gonflé d'humour, de sensibilité, de convivialité et de partage. Un nuage de festivités, de joies partagées, de découvertes insolites, et de promesses nouvelles.

La ville tout entière s'était mise au diapason de ce festival décidément pas comme les autres. Une ville que l'on découvrait en courant d'un site à l'autre de ce festival éclaté, multiforme, et l'on soupçonne que c'était également cela le dessein caché des organisateurs. Gabès l'a compris qui s'offrait, accueillante, et chaleureuse, festive et joyeuse. Gabès qui ouvrait ses musées, centres culturels, maisons d'hôtes, souks, cinémas, et casemates, ces fameux containers El Kazma, lieux à nuls autres pareils, transformés en salles de projection pour la circonstance.

On était venu de loin pour assister à cette huitième session de « Gabès Cinéma Fen ». Une session qui s'est développée, diversifiée et a unifié les trois axes qui la constituent, cinéma, vidéo et réalité étendue, imbriqués en une même approche, leur donnant ainsi cohérence : celle de l'image en mouvement.

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Que retenir de cette programmation d'extraordinaire densité, évoluant entre la richesse des hommages, les références au classicisme, les promesses émergentes, l'ouverture aux vents du large, l'engagement dans un monde qui l'exige. Une programmation qui nous parle de d'environnement, de l'eau, de la gentrification de la ville et de l'humour comme mécanisme de résistance et de rébellion. Une programmation s'adressant aux cinéphiles purs et durs et aux amateurs, aux intellectuels, aux étudiants et aux enfants, aux professionnels, aux artistes et aux historiens de l'art. Une édition qui offrait des expositions -- dont celle de Salah Barka sur les costumes de scène des films tunisiens, et l'émouvante installation de Najeh Zarbout sur la disparition de l'alfa.

De la musique, et la découverte d'un duo issu de la nuit des temps, le duo Jathb, fusionnant la transe soufie, les traditions ancestrales et compositions électroniques.

De la littérature, avec la présentation de l'ouvrage « Une enfance à Gabès » de Hedi Jaoued et ses 101 souvenirs.

Et des rencontres inattendues, telle celle avec Emna Maaref, jeune diplômée de Sciences Po, compositeur de musique électronique, oudiste confirmée, qui nous offrait une brillante présentation-audition des différents modes d'incantation du Coran et des différentes influences y afférents.

Il est impossible de relater tout ce qui s'est passé à Gabès durant ce festival. Il était d'ailleurs impossible de tout voir. La Presse et mes collègues ont largement rendu compte de la majeure partie des programmes. Quant à moi, je souhaitais juste transmettre une atmosphère, l'adhésion d'une ville soudée autour d'un projet culturel dont chacun se veut partie prenante.

Et souhaiter peut-être le même destin à d'autres cités.

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