Rwanda: Aimable Karasira, youtubeur critique des autorités, meurt le jour de sa sortie de prison

Aimable Karasira critiquait ouvertement le régime de Paul Kagame sur sa chaine YouTube. Après cinq ans de prison, il est mort jeudi 7 mai, le jour même de sa libération. Les autorités parlent d'une overdose de médicaments. Mais des organisations de défense des droits humains réclament une enquête indépendante.

Au Rwanda, Aimable Karasira, ancien professeur et youtubeur critique des autorités rwandaises, est décédé ce jeudi 7 mai, dans un hôpital de Kigali, le jour de sa libération. Arrêté en 2021 et condamné à cinq ans de prison pour incitation à la division, les autorités évoquent une overdose médicamenteuse, tandis que certaines organisations de défense des droits humains réclament une enquête indépendante.

Dans un communiqué, l'administration pénitentiaire affirme qu'Aimable Karasira est décédé à l'hôpital de Nyarugenge à Kigali, où il avait été emmené après avoir pris une overdose de médicaments prescrits pour une maladie préexistante.

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Le porte-parole des services correctionnels, Hillary Sengabo, a ajouté dans un message sur les réseaux sociaux que le détenu aurait avalé les comprimés publiquement dans l'enceinte de la prison. L'incident s'est produit, affirme-t-il, alors que l'ancien professeur venait de recevoir les documents concernant sa libération, et qu'il attendait l'arrivée de ses proches.

Appel d'ONG à une enquête indépendante

Human Rights Watch et le Comité pour la Protection des Journalistes appellent à une enquête indépendante sur les circonstances de son décès, mentionnant les accusations de torture qu'Aimable Karasira avait formulé pendant sa détention.

Le youtubeur, qui se présentait comme un rescapé du génocide contre les Tutsis, avait été arrêté en 2021, et condamné à cinq ans de prison pour incitation à la division. Critique des autorités sur sa chaîne YouTube, il avait notamment déclaré que des soldats du Front Patriotique Rwandais étaient responsables de la mort de ses parents.

L'administration pénitentiaire affirme attendre le rapport médical pour déterminer les causes de son décès.

Son cas rappelle le triste cas de Kizito Mihigo qui est mort en détention en février 2020 qui avait été assez critique envers le gouvernement et qui à travers ses chansons avait remis en cause le narratif officiel autour des crimes commis par le FPR à la suite du génocide. 

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