Algérie: À Sétif, la France reconnaît «les événements tragiques» du 8 mai 1945

Vendredi 8 mai 2026, la ministre française déléguée aux armées et aux anciens combattants, Alice Rufo, était à Sétif, envoyée par Emmanuel Macron dans un geste de Paris envers Alger pour le dégel des relations diplomatiques entre les deux pays. Elle a assisté en Algérie aux commémorations des massacres de Sétif, début, le 8 mai 1945, d'une répression sanglante par les forces coloniales françaises.

« Une décision de la part du président de la République, et une volonté qui s'inscrit dans le temps de regarder l'histoire telle qu'elle a été, dans sa vérité, et de le faire dans le respect de toutes les mémoires de l'Algérie et de la guerre d'Algérie »

Les mots ce vendredi d'Alice Rufo, ministre française délégué aux Armées à l'issue de la cérémonie officielle à Sétif : « La vérité, a-t-elle déclaré, c'est que le 8 mai 1945, alors que la France célébrait la victoire contre la barbarie, en même temps, il y avait des événements tragiques qui se passaient à Sétif, Guelma et Kherrata. » Cette répression a duré des jours et s'est étendu à d'autres villes, faisant des milliers de victimes. Aucun bilan officiel n'est communément admis par Paris et Alger, 45 000 morts selon Alger et entre 1 500 et 20 000 morts, dont 103 Européens, selon différentes sources françaises.

Emmanuel Macron use d'une terminologie que l'on croyait surannée où il qualifie ce qu'il s'est passé à Sétif Guelma et Kherrata « d'événements tragiques ». C'est pour le moins en deçà de ce qui est établi. Les termes d'événements ont utilisé jusqu'en 1995 pour désigner la guerre d'Algérie par la France.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Gerbe de fleurs en hommage à Bouzid Saal

La ministre envoyée par Emmanuel Macron a déposé une gerbe de fleurs en hommage au jeune militant Bouzid Saal tué ce 8 mai 1945 pour avoir bravé l'interdiction et brandit un drapeau algérien en pleine manifestation de célébration de la capitulation à l'époque de l'Allemagne nazie.

À l'occasion de ce déplacement, l'Élysée a annoncé le retour en Algérie de l'ambassadeur de France, Stéphane Romatet, absent plus d'un an après avoir été rappelé à Paris en pleine crise diplomatique. Selon la présidence française, l'ambassadeur français va reprendre ses activités, travailler sur tous les dossiers de coopération bilatérale avec une attention prioritaire au retour en France de Christophe Gleizes.

C'est une décision qui rappelle beaucoup ce qui s'était passé en 2005 lorsque le président Chirac voulait absolument un traité de réconciliation avec l'Algérie et avait compris qu'il ne pourrait pas s'abstraire d'une parole et d'un geste envers Sétif. Il avait envoyé son ambassadeur pour parler d'une «tragédie inexcusable» 

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.