La majorité des citoyens disent qu'il est probable que les gens croient aux femmes et aux filles qui se plaignent de discrimination ou de harcèlement.
Key findings
- Près de trois Maliens sur 10 affirment que « souvent » ou « toujours » les élèves ou étudiantes sont victimes de discrimination, de harcèlement ou de demandes de faveurs sexuelles de la part de leurs enseignants (26%), et que les femmes sont sexuellement harcelées dans les lieux publics (28%) dans leur communauté.
- Un sur quatre Maliens (24%) déclarent que les filles sont « souvent » ou « toujours » empêchées d'aller à l'école au profit des garçons dans leur communauté. Près de quatre répondants sur 10 (36%) déclarent que les femmes sont « souvent » ou « toujours » empêchées par un membre de leur famille d'occuper un emploi rémunéré.
- En 2022, plus du tiers (35%) des citoyens ont déclaré que la violence contre les femmes et les filles est courante dans leur communauté.
- En 2022, selon les Maliens, les violences sexistes étaient la deuxième question la plus importante à traiter en matière de genre par le gouvernement et la société, après l'inégalité d'accès à l'éducation.
- La majorité des Maliens estiment qu'il est probable que les victimes de discrimination ou de harcèlement qui se plaignent soient crues (60%) et que la police prenne au sérieux des plaintes de violence basée sur le genre (77%).
- Près des trois quarts (72%) des Maliens estiment que la police et les tribunaux doivent faire plus pour protéger les femmes et les filles contre la discrimination et le harcèlement.
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Les discriminations et les violences basées sur le genre (VBG) demeurent parmi les défis les plus persistants au Mali. Les principales formes d'abus et de traitements discriminatoires auxquels les femmes sont exposées comprennent notamment le viol, les agressions sexuelles (y compris les mutilations génitales féminines ou l'excision), les violences physiques, les mariages forcés ou précoces, le déni de ressources et d'opportunités ainsi que les violences psychologiques et émotionnelles (République du Mali, 2018).
Ces pratiques, bien que condamnées par la Constitution malienne, le Code Pénal et plusieurs traités internationaux ratifiés par le Mali, persistent en raison du poids des traditions, du manque de protection juridique effective et de la faible application des lois existantes (Institut National de la Statistique, 2020).
Pour lutter contre ces pratiques, le Mali a déployé un dispositif diversifié, notamment à travers la création de structures spécialisées telles que l'Office Nationale de la Santé de la Reproduction pour piloter, coordonner et promouvoir les politiques de santé sexuelle et reproductive (Mali Actu, 2022). L'Etat malien a également mis en place des points focaux genre dans certains services publics, notamment au sein de la police et des centres de santé communautaires, afin d'améliorer la prise en charge des cas des VBG signalés (Dramé & Niaré, 2024).
Cette dépêche rend compte des perceptions des Maliens sur la discrimination, le harcèlement et les violences envers les femmes à l'aide des données Afrobarometer Round 9 (2022) et Round 10 (2024).
Les résultats mettent en évidence la persistance de discriminations, de harcèlement et de violences basées sur le genre au Mali. Près de trois Maliens sur 10 déclarent que les élèves ou étudiantes sont souvent victimes de discrimination, de harcèlement ou de demandes de faveurs sexuelles de la part de leurs enseignants, et que les femmes subissent souvent du harcèlement sexuel dans les lieux publics. Dans la sphère familiale et communautaire, certaines filles sont empêchées d'aller à l'école au profit des garçons, tandis qu'une proportion encore plus importante de femmes se voient interdire l'accès à un emploi rémunéré.
En 2022, plus du tiers des citoyens estimaient que la violence contre les femmes et les filles était courante dans leur communauté, et cette question figurait parmi les principales priorités liées au genre à traiter par le gouvernement et la société.
Hawa Niang Hawa Niang is a specialist and consultant in gender and women's leadership. She was a participant in the Afrobarometer summer school.