Ile Maurice: Des habitants dénoncent les travaux et envisagent des poursuites

À Calodyne, d'importants travaux d'excavation et de déblaiement sur une colline suscitent depuis plusieurs mois l'inquiétude des habitants et des défenseurs de l'environnement. Menés à l'aide d'engins lourds et de camions, ces travaux auraient déjà entraîné la destruction d'une partie de la végétation naturelle et modifié le relief de la zone.

Les riverains dénoncent ce qu'ils considèrent comme une exploitation déguisée de carrière, alors que le propriétaire du terrain affirme qu'il s'agit uniquement de travaux de nivellement en vue de la construction d'un mur d'enceinte. Cette divergence alimente les tensions et relance les interrogations sur le respect des réglementations environnementales et urbanistiques.

La colline concernée est connue des habitants comme une zone fréquentée par le Paille-en-Queue, espèce protégée emblématique de Maurice. Plusieurs résidents craignent que les excavations n'aient causé des dommages irréversibles à l'écosystème local et détruit des zones naturelles servant d'habitat ou de nidification.

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Depuis près de deux ans, des plaintes auraient été adressées au conseil de district de Rivière-du-Rempart, à la police de l'Environnement et au ministère concerné. Les habitants affirment que, malgré certaines interventions officielles et des ordres de suspension ponctuels, les travaux ont régulièrement repris. Cette situation nourrit un sentiment d'impuissance parmi les résidents.

Des voisins regroupés au sein d'un collectif disent avoir alerté les autorités à plusieurs reprises. «Nous sommes désespérés et exaspérés. Les autorités traitent cela comme un incident isolé alors que nous signalons la situation depuis des années», affirme l'un d'eux. Ils déplorent que les opérateurs des chantiers auraient parfois déplacé leurs activités vers des terrains voisins après les interventions des autorités. Certains habitants évoquent également un climat d'intimidation et des menaces physiques, qui auraient découragé plusieurs personnes de participer à des réunions ou démarches collectives.

Les riverains affirment aussi avoir observé de nombreux camions transportant d'importantes quantités de roches hors du site. Ils estiment que ces activités génèrent des profits considérables au détriment de la tranquillité des habitants et de l'environnement. Face à cette situation, des actions légales sont envisagées. Un financement participatif et la création d'un fonds commun sont notamment à l'étude afin de soutenir d'éventuelles procédures judiciaires.

Contacté, le propriétaire du terrain, qui souhaite conserver l'anonymat, rejette les accusations d'illégalité. Il explique avoir acquis le terrain pour des projets futurs et affirme vouloir, dans un premier temps, construire un mur d'enceinte. «Évidemment, lorsqu'il y a des travaux avec des camions, il y a forcément un peu de bruit. Mais nous ne travaillons pas en dehors des heures autorisées et nous respectons la loi concernant les nuisances sonores», soutient-il.

Il affirme qu'il n'est pas concerné par les autres travaux qui se sont déroulés ailleurs, sur un autre terrain. Il affirme également avoir consulté le District Council afin d'obtenir les permis nécessaires et qu'après une visite du terrain par des officiers, il a reçu une lettre lui indiquant qu'aucun permis n'était requis pour ce type de travaux. Il ajoute qu'il est prêt à revendre le terrain s'il parvient à trouver un acheteur lui proposant un bon prix.

Le ministère de l'Environnement confirme avoir reçu une plainte le 30 décembre 2025 concernant des travaux susceptibles d'affecter l'habitat du Paille-en-Queue. Une inspection conjointe a été menée le 8 janvier 2026 et les activités ont été suspendues dans l'attente d'évaluations supplémentaires. Le ministère a ensuite consulté le National Parks and Conservation Service afin de vérifier si le site constituait une zone de nidification. Le 14 janvier, les autorités ont indiqué que la zone concernée n'était pas officiellement identifiée comme telle.

Le 19 janvier, un ordre formel de suspension des travaux a toutefois été émis. Le ministère précise qu'après une nouvelle plainte reçue le 4 mai, une autre inspection a conduit à un rappel des mesures de suspension déjà en vigueur. Une lettre officielle datée du 6 mai exigeait l'arrêt immédiat des travaux d'excavation ainsi que des preuves démontrant qu'il ne s'agissait pas d'activités liées à l'exploitation d'une carrière.

Selon les autorités, le propriétaire du terrain conteste toute infraction et se dit prêt à engager des poursuites judiciaires si nécessaire. Entre janvier et mai, cinq visites surprises de la police de l'environnement ont été effectuées sur le site. Des inspections supplémentaires réalisées hier n'ont révélé aucune activité suspecte.

Le ministère indique que les enquêtes et consultations techniques se poursuivent, tandis que les habitants ont été invités à signaler toute reprise de travaux ou tout manquement à la réglementation.

Le Chiffre : 2 710

C'est le nombre de cas de chikungunya recensés au 9 mai, selon les autorités sanitaires, dont plus de 200 cas actifs à Maurice. Les régions de Beau-Bassin, Rose-Hill, Bambous, Souillac et Tyack figurent parmi les plus touchées, avec également un cas détecté à Rodrigues. Par ailleurs, le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé, a confirmé un sixième décès lié à la leptospirose.

La victime, un homme de 43 ans retrouvé sans vie à son domicile, a été testée positive à la leptospirose à l'autopsie pratiquée à l'hôpital de Candos. Depuis le début de l'année, 21 cas de leptospirose ont été recensés.

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