Les deuxièmes journées scientifiques de l'Amicale des médecins-chefs de district du Sénégal (AMCDS) se sont tenues, ce week-end, sous la présidence du ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, Ibrahima Sy. Placées sous le thème « Districts sanitaires et prise en charge des urgences : innovations, défis et perspectives », ces assises ont mis en lumière le rôle central des districts face à la hausse des accidents, des maladies non transmissibles et des pathologies émergentes, tout en annonçant des réformes structurelles majeures, dont une nouvelle carte sanitaire.
Devant les partenaires techniques et financiers ainsi que les professionnels de santé, le ministre Ibrahima Sy a rendu un vibrant hommage aux médecins-chefs de district, qu'il a qualifiés d'« épine dorsale » du système de santé sénégalais. Selon lui, ces responsables sont les premiers acteurs de terrain, les premiers décideurs et les témoins directs des forces et faiblesses de l'organisation sanitaire.
Le ministre a souligné que la rencontre offrait une opportunité unique de réflexion collective pour identifier les difficultés et construire des solutions adaptées aux réalités locales. Constat alarmant : les urgences médicales sont « extrêmement préoccupantes » en raison d'une demande croissante. L'objectif affiché est de renforcer les districts pour couvrir 80 % des besoins en soins, réduire la mortalité et désengorger les hôpitaux.
Parmi les annonces majeures, Ibrahima Sy a révélé qu'une nouvelle carte sanitaire, en cours de finalisation, met en évidence d'importantes inégalités territoriales - des districts aux tailles et capacités très variables. Un redécoupage est prévu pour créer des districts, centres et postes conformes aux normes, avec un décret bientôt soumis à validation politique et juridique avant le début des constructions.
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Par ailleurs, la formation des sages-femmes a été pointée du doigt : seules quatre des soixante-cinq écoles sont jugées performantes, d'où une approche multisectorielle associant les ministères de la Santé, de l'Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle pour évaluer les curricula, les enseignants et les compétences, tout en intégrant des assistants sous stricte supervision.
Le président de l'AMCDS, le docteur Ndiène Seck, a précisé que cette deuxième édition a réuni des représentants de 79 districts issus de 14 régions, avec 31 communications compilées dans un livret. L'accent a été mis sur le rôle pivot des districts dans la prise en charge des urgences gynéco-obstétricales, médico-chirurgicales et de santé publique, dans un contexte post-crise de fièvre de la vallée du Rift.
De nombreux défis ont été identifiés : des infrastructures obsolètes face à la croissance démographique, un manque quantitatif de ressources humaines (avec un recrutement priorisant médecins, spécialistes, pharmaciens et chirurgiens), une insuffisance de matériel, de médicaments d'urgence et de produits essentiels, ainsi qu'une faible coordination locale malgré l'existence de partenariats.
Un rapport synthétisera les échanges pour guider les décisions ministérielles, avec pour ambition de renforcer l'accès quotidien aux soins et la réponse aux urgences au plus près des populations. Le ministre Ibrahima Sy a rappelé que cette dynamique s'inscrit dans le référentiel « Sénégal 2050 » et la future stratégie nationale de développement sanitaire 2027-2029, faisant de la santé un pilier essentiel du capital humain et de la cohésion sociale.
Le ministre a pris l'engagement de collaborer étroitement avec le Samu et les autres départements ministériels, ajoutant : « Le programme est chargé, des reports sont possibles, mais le cap est clair. »