Ile Maurice: «Donnons-leur les moyens d'agir»

La Journée internationale des infirmiers, célébrée chaque année le 12 mai, prend cette année une résonance particulière dans un secteur de la santé marqué par la fatigue, les tensions et les revendications. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à environ 29 millions le nombre d'infirmiers, auxquels s'ajoutent 2,2 millions de sages-femmes. Mais le déficit reste préoccupant : l'OMS prévoit une pénurie de 4,5 millions d'infirmiers et de 310 000 sages-femmes d'ici 2030.

Dans le pays, cette journée est aussi l'occasion de rappeler le malaise d'une profession en première ligne. Pratima Nandram, infirmière, évoque un personnel toujours marqué par le Covid-19. «Il y a un petit pincement au cœur chez toutes les nurses. Nous sommes fatigués de répéter qu'il y a un manque de personnel dans le secteur», confie-t-elle. Selon elle, la situation est devenue frustrante, car les équipes tentent de maintenir le niveau de service malgré des conditions difficiles.

La soignante estime que les voix du personnel infirmier ne sont pas suffisamment entendues. Elle demande au ministère de la Santé une amélioration des conditions de travail, qu'elle décrit comme «un cadeau» attendu par les infirmiers en cette journée symbolique. «Le vase va déborder. Si cela continue, je pense que notre système de santé risque de s'effondrer», prévient-elle, tout en souhaitant courage à l'ensemble du personnel de santé.

Le secrétaire général de la Nurse Union, Bholanath Jeewuth, rappelle pour sa part le thème retenu par l'International Council of Nurses pour 2026 : «Our Nurses. Our Future. Empowered Nurses Save Lives», soit l'idée que des infirmiers mieux soutenus et mieux outillés sauvent davantage de vies. «Le premier contact du patient à l'hôpital, c'est souvent l'infirmier. Si nous donnons aux infirmiers les moyens d'agir, le travail commence déjà sur de bonnes bases», souligne-t-il.

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Autre sujet d'inquiétude : les agressions envers les soignants. Selon Bholanath Jeewuth, les infirmiers exposent désormais leur propre sécurité en exerçant leur métier. Il juge inacceptable que des personnes extérieures, parfois sans lien direct avec les patients, s'en prennent au personnel hospitalier. À ces tensions s'ajoute la question des heures supplémentaires qui, selon les représentants du secteur, n'auraient toujours pas été réglées pour certains. Une revendication de plus de la part d'une profession qui demande moins de discours et plus de reconnaissance concrète.

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