Tunisie: Secteur agricole - Entre méfiance des banques et crise du cheptel ovin

Mohamed Aziz Bouhejba, président de l'Association tunisienne pour l'agriculture durable, a dressé ce mardi 12 mai 2026 un constat alarmant sur la situation du secteur agricole. Intervenant sur les ondes d'Express FM, il a souligné un climat de confusion généralisée, marqué par l'incertitude entourant les terres domaniales nationalisées et un désengagement croissant des agriculteurs. Ce déclin est accentué par la réticence des banques à financer une activité jugée de plus en plus précaire.

Un cri d'alarme pour la survie de l'agriculteur

Selon Mohamed Aziz Bouhejba, les conditions de travail actuelles ne garantissent plus la pérennité des exploitations. Il déplore notamment une rupture entre la recherche scientifique et la réalité du terrain, appelant à la mise en place de politiques publiques en phase avec les difficultés des producteurs, particulièrement en matière de prix et de subventions. Le secteur de l'élevage est le plus durement touché avec une chute brutale de 25 % du cheptel ovin. Cette baisse s'explique par la dégradation des pâturages, l'explosion du coût des aliments pour bétail et l'absence de soutien financier adéquat durant les années de sécheresse.

Le casse-tête des prix de l'Aïd : La réalité des éleveurs face aux tarifs officiels

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Concernant l'Aïd, le président de l'association estime que les prix fixés par le ministère du Commerce ne reflètent en rien la réalité des coûts supportés par les éleveurs. Il précise que le prix du kilogramme vif oscille actuellement autour de 30 dinars sur le marché. Cette flambée est la conséquence directe de l'augmentation des prix des fourrages et de la main-d'œuvre. De manière frappante, il note que les salaires des bergers dépassent désormais parfois ceux des ingénieurs, poussant de nombreux éleveurs à abandonner la filière.

Un cheptel difficile à reconstituer et des prix en hausse

La restauration du système d'élevage tunisien nécessitera du temps et des moyens financiers massifs, conséquences de plusieurs années d'absence de politiques efficaces. En l'absence de statistiques officielles précises, Mohamed Aziz Bouhejba indique que les prix des moutons pour cette saison varient généralement entre 1200 et 1800 dinars. Bien que certains tarifs dépassent les 2600 dinars, il précise que ces montants restent exceptionnels et limités à une catégorie très restreinte de bétail. Pour garantir la survie du secteur, il insiste sur la nécessité de prix de vente rémunérateurs permettant aux agriculteurs de couvrir leurs dettes et de poursuivre leur activité.

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