À Moroni, les conséquences de la hausse des prix des carburants se sont déjà fait sentir au lendemain du début de la grève illimitée des chauffeurs et commerçants, dimanche 10 mai. À Moroni, plusieurs magasins et boutiques sont restés fermés et les transports étaient à l'arrêt lundi 11 mai. Le même jour, la grève s'est étendue aux distributeurs d'eau, alors que l'approvisionnement est déjà fragile dans plusieurs zones de la capitale.
Moroni est inhabituellement calme ce lundi 11 mai. Pas de taxis ni de bus dans les rues, des magasins ont leur rideaux baissés. Dans certains quartiers, des habitants doivent parcourir plusieurs kilomètres à pied pour aller travailler ou accompagner leurs enfants à l'école.
Parmi eux, Al-hamdi, parent d'élèves, n'a pas « les moyens de mettre du carburant tous les jours sinon je vais devoir faire des sacrifices, ce qui n'est pas possible ». Pour l'heure, Al-Hamdi utilise son véhicule pour transporter ses enfants à l'école. Le reste de la journée, il marche.
Dans plusieurs écoles de la capitale, les classes étaient presque vides. Un établissement n'a pas assuré les cours, faute d'élèves présents. Un autre établissement a demandé aux élèves de rester chez eux jusqu'à la fin de la grève.
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Autre difficulté : l'accès à l'eau. Les vendeurs ambulants ont cessé leur activité lundi. Le prix du bidon de 20 litres a été multiplié par deux dimanche, passant à 400 francs dans certains quartiers. « Cela fait un moment que nous ne recevons pas d'eau du robinet et que nous achetons de l'eau grâce aux bus qui circulaient », témoigne Samira, qui vit dans le centre de Moroni. Alors que la grève avait été annoncée, elle n'a eu d'autre choix que d'acheter un bidon d'eau à 300 francs. « Il n'y avait qu'un seul bus qui circulait, et comme je savais qu'il y aurait une grève le lendemain, j'ai dû l'acheter », raconte-t-elle.
Au marché de Volovolo, centre névralgique de la capitale, quelques petits vendeurs ont malgré tout maintenu leur activité. Mais ils disent aussi ressentir les premiers effets du mouvement. « Les clients ne viennent pas comme habituellement. Aujourd'hui, je n'ai rien vendu », regrette Abdoulatuf, vendeur du marché.
En attendant, le syndicat des chauffeurs, qui demande une baisse du prix du carburant, maintient son appel à la grève illimitée.