Sénégal: Révolution sportive - Le pays adopte un Code du Sport taillé pour le 21e siècle

Historique ! Un tournant majeur pour le sport sénégalais. Quarante-deux (42) ans après la Charte de 1984, les députés ont adopté hier, lundi 11 mai, le nouveau Code du Sport piloté par Madame la ministre de la Jeunesse et des Sports, Khady Diene Gaye. Le vote a été quasi unanime : 136 voix pour, aucune contre et une abstention sur 137 suffrages exprimés.

Exit la charte du sport de 1984. La ministre de la Jeunesse et des Sports, Khady Diène Gaye, a défendu l'urgence de la réforme : « Ce texte a traversé les décennies, de 1984 jusqu'à aujourd'hui. Malheureusement, il ne répondait plus aux évolutions du secteur. Le sport se limitait à sa fonction première : le loisir et son rôle éducatif ».

Visiblement très émue, elle a tenu aussi à saluer la contribution de ceux qui ont porté le dossier avant elle, notamment Mbagnick Ndiaye, en précisant que cette réforme figurait « parmi les chantiers prioritaires » du programme sport de Pastef lors de l'élection présidentielle de 2024.

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La volonté affichée est nette : faire du sport « un véritable moteur de croissance économique et sociale, bien au-delà du simple divertissement ». Défendu le 9 avril devant la Commission de l'Éducation, l'exposé des motifs soulignait que l'ancien dispositif « n'était plus adapté aux transformations du sport à l'échelle mondiale ».

Désormais, le Code consacre la pratique sportive comme un droit fondamental et une mission d'intérêt général. Avancée notable : la législation sénégalaise reconnaît officiellement les sociétés sportives et les agences. L'enjeu : bâtir « un écosystème économique organisé, créateur d'emplois » où les Fédérations auront « l'obligation de rendre des comptes ».

Face aux débordements dans les stades pendant les Navétanes, le législateur durcit le ton. Le texte instaure des sanctions pénales et financières lourdes pour se prémunir contre les violences, le racisme, la xénophobie dans les enceintes sportives, les appels à la haine sur les réseaux sociaux et le dopage, en conformité avec les normes de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA).

Les Navetanes encadrés dans le temps

Les Navétanes sont désormais encadrés : la saison est fixée du 1er juillet au 15 octobre afin de préserver le calendrier scolaire, et les associations seront intégrées à des dispositifs d'économie solidaire.

Le manque d'équipements est pris à bras-le-corps. L'État promet 75 plateaux sportifs de proximité livrés avant fin 2026 et impose la construction d'infrastructures sportives dans chaque nouvel établissement scolaire. Un Centre de Haute Performance sera également créé pour « garantir l'indépendance sportive du Sénégal ».

Malgré une adoption massive, des réserves ont été exprimées. Le député Abdou Mbow (APR) estime le texte « essentiel » pour séduire les investisseurs, mais appelle le pouvoir à « bâtir de nouveaux équipements au lieu de se reposer sur ceux de l'ère Macky Sall ». Aliou Sène (Pastef Fatick) déplore que « le football et la lutte occultent le reste » avec un manque criant de stades omnisports, surtout dans les régions. Mbaye Dione insiste sur « une mise en oeuvre rigoureuse ».

Une réforme qui arrive à point nommé

Alors que Dakar s'apprête à accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 et que le Sénégal prépare sa candidature pour la CAN 2032, le nouveau Code fournit « le cadre de sûreté et de professionnalisme réclamé par le CIO et la CAF ».

Sur la question des limitations des mandats au sein des fédérations et groupement sportif, la ministre de la Jeunesse et des sports s'est voulue claire. « Les mandats ne sont pas limités. Ceux qui veulent le changement devraient se battre pour l'obtenir. Ça ne se décrète pas », a soutenu la responsable de la Jeunesse et des Sports. Mme Dionne a aussi servi une fin de non-recevoir à certains députés qui ont suggéré la limitation des ASC. « La liberté d'association est reconnue par notre charte fondamentale, notre constitution. C'est à ce niveau qu'il faut agir. Mais le code ne peut pas limiter les ASC », a-t-elle déclaré en insistant sur la place de choix qui devrait être accordé au sport scolaire et au handisport.

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