Sénégal: Alioune Tine - 'Il faut continuer à négocier avec le FMI'

Dakar — Le militant des droits de l'homme et fondateur du laboratoire d'idées Afrikajom Center, Alioune Tine, a plaidé, lundi, à Dakar, la poursuite des négociations entre le Fonds monétaire international (FMI) et le Sénégal, sur la dette du pays, jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé.

Les autorités sénégalaises et les dirigeants du FMI mènent des négociations depuis plusieurs mois, les deux parties ayant estimé que les ex-dirigeants du pays ont pris des engagements portant sur des montants exorbitants et n'étant pas rendus publics, entre 2019 et 2024, une accusation rejetée par l'ex-président de la République, Macky Sall.

"Il faut continuer à discuter et à négocier avec le Fonds monétaire international pour avoir un accord capable de susciter une meilleure confiance des investisseurs et un soutien financier pour la réduction de la pauvreté", a suggéré M. Tine.

Les négociations entre le FMI et le Sénégal se poursuivent. Des officiels sénégalais, dont le directeur de la dette au ministère des Finances et du Budget, Alioune Diouf, ont rencontré les dirigeants de l'institution financière, fin avril, à Washington.

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Il intervenait à une réunion d'experts sur "la crise de la dette au Sénégal".

À son avis, les dirigeants africains doivent "collectivement" négocier la dette des États envers les institutions multilatérales.

"Quand ils sont séparés, il est évident qu'ils vont subir le diktat des institutions financières internationales", a soutenu Alioune Tine, invité à donner son avis de "la crise de la dette au Sénégal", en sa qualité de leader d'une organisation de la société civile.

Même si la dette a un caractère souverain et national, l'interdépendance des États, engendrée par la mondialisation et le multilatéralisme, les oblige à négocier la dette ensemble, les uns aux côtés des autres, a-t-il argué.

Le président de l'Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, a préconisé le recours à un contrôle parlementaire "ponctuel" et "proactif", pour éviter une pareille "crise".

"Nous devons faire évoluer notre culture parlementaire en passant d'un contrôle ponctuel à un contrôle proactif, d'un examen sommaire à une analyse approfondie, d'une autorisation systématique à une vigilance démocratique renforcée", a proposé M. Ndiaye en intervenant à la même réunion.

"Depuis l'installation de la 15e législative, l'Assemblée nationale du Sénégal a entamé une transformation profonde de ses méthodes de travail. Nous avons renforcé les mécanismes de contrôle", a-t-il assuré.

Les députés utilisent de nouveaux outils de suivi, de planification et d'analyse des politiques publiques, d'après lui.

"Nous avons placé la performance publique au coeur du travail parlementaire", a dit Malick Ndiaye, estimant que l'Assemblée nationale doit faire davantage de rigueur dans le contrôle budgétaire.

Pour ce faire, l'institution parlementaire doit être "capable de comprendre les statistiques, d'évaluer les risques, de suivre l'exécution budgétaire et de rendre compte au peuple sénégalais", a-t-il souligné.

Il ne s'agit pas d"'une défiance envers le gouvernement", a précisé M. Ndiaye, estimant que le contrôle parlementaire peut aider à "protéger l'exécutif des dérives administratives".

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