La Côte d'Ivoire se transforme. En cela, on a beaucoup parlé de la diversification de son économie. Beaucoup de citoyens n' y voient que les industries extractives, agricoles et industrielles. Il est en train de se développer une industrie qui prend de plus en plus de galons. L'industrie culturelle, en effet, prend son envol. Elle fait d'Abidjan une place incontournable. En moins d'un mois, quatre évènements. Le dernier en date, le lancement du Salon international du contenu audiovisuel d'Abidjan (Sica), qui donne à voir et à entendre sur l'Afrique.
Le Marché des arts du spectacle d'Abidjan (Masa), tenu du 11 au 18 avril, cette année. Le Festival des musiques urbaines d'Anoumabo (Femua), débuté le 28 avril pour prendre fin le 3 mai. Le Salon international du livre d'Abidjan, du 28 avril au 2 mai. Et en novembre prochain, du 26 au 28, le Salon international du livre du contenu audiovisuel d'Abidjan (Sica).
En mathématique, on dira que ces quatre évènements ont un dénominateur commun : Abidjan. Ils se déroulent tous dans la capitale économique ivoirienne. Les quatre « A », comme les quatre points cardinaux de la culture. Il y a une semaine, dans cette même lucarne, nous parlions de la Côte d'Ivoire culturelle. Avec le Masa, le Femua et le Sila. Le jeudi 7 mai dernier, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, lançait le Sica. C'est la quatrième édition. Flashback.
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Il y a une trentaine d'années, le cinéma livrait ces dernières projections dans les salles. Le Paris, les Studios et l'hôtel ivoire étaient les salles de luxe de la ville d'Abidjan. Dans chaque commune, à Koumassi (Ouezzin), Marcory (Magic), Treicheville Entente, Rio...), Adjamé (Liberté, Roxy...), Abobo (Ciné cool), Yopougon (Saguidiba...), les quartiers disposaient de salle à grand écran. Puis arrive l'ère des Vcd (Vidéo compact disc) et des Dvd (Digital versatile disc).
Avec la technologie des home cinéma, les habitudes changent. Les grandes salles se vident et finissent par fermer. Le cinéma, comme on l'a connu, perd son attrait, au profit des visionnage domestiques. Seulement, les sensations sont différentes. L'ambiance et les émotions des grandes salles ne sont plus au rendez-vous. Aller au cinéma qui était non seulement un loisir, mais aussi un canal de rapprochement humain, prend un grand coup. Le grand écran noircit pour faire place à la lumière des télévisions, ordinateurs, tablettes et téléphones.
Heureusement, aujourd'hui, les grandes salles renaissent. Doucement, le grand écran retrouve du public. A Marcory, Cocody et Yopougon, des salles de luxe donnent désormais aux abidjanais de retrouver des émotions perdues. Parallèlement, l'offre audiovisuel s'est développée. De deux radios commerciales en 2012, la Côte d'Ivoire compte en plus aujourd'hui, plusieurs radios communales, religieuses, écoles et de développement. L'ouverture de l'espace touche aussi les télévisions.
On compte sept chaînes aujourd'hui, avec la Télévision terrestre numérique (Tnt). Mieux, les contenus diffusés sont accessibles sur plusieurs supports. Les salles de cinéma, les postes téléviseurs, les postes de radio, les ordinateurs, les tablettes et les téléphones portables. C'est justement cette dynamique qui constitue la base du Salon international du contenu audiovisuel d'Abidjan. Avec en prime l'appropriation des histoires racontées.
Autrement dit, si la technologie vient d'ailleurs, la maîtrise du contenu ne doit pas échapper aux Africains. Les Africains ont en effet leur mot à dire. Au rendez-vous du donner et du recevoir, ils doivent être présents. L'Afrique doit aller aux rencontres des cultures avec sa culture. Elle doit se raconter. Le Sica constitue cette plate-forme qui offre cette opportunité aux professionnels et aux consommateurs des médias et du cinéma.
Le Sica met en avant le cinéma, les séries, la télévision et les contenus numériques africains. Avec l'essor des plateformes et de la production audiovisuelle africaine, cet événement aide la Côte d'Ivoire à devenir un pôle régional des industries créatives et médiatiques. Le mot est ainsi lâché : industrie.
Oui, les arts, la musique, le livre, le contenu audiovisuel sont des industries qui participent de la diversification de l'économie ivoirienne. En réunissant musique, littérature, spectacle vivant et audiovisuel, la Côte d'Ivoire construit une diplomatie culturelle forte. Ces rendez-vous attirent non seulement des touristes, mais également des investisseurs.
Les avantages sont nombreux. Ils créent des emplois dans les industries créatives, renforcent l'image internationale du pays, encouragent les échanges entre artistes africains et positionnent Abidjan comme une métropole culturelle incontournable. Une des principales capitales culturelles francophones d'Afrique. Aujourd'hui, la culture est un levier économique et diplomatique.
Cette dynamique est aussi portée par la stabilité du pays, le développement des infrastructures et la volonté des autorités publiques d'accompagner la créativité et la création artistique. La grande Côte d'Ivoire, c'est aussi cela. Une Côte d'Ivoire qui développe tout son potentiel humain, culturel, social, infrastructurel, extractif et économique.