L’enseignement supérieur mondial poursuit son expansion, mais l’Afrique subsaharienne reste en marge de cette dynamique. C’est l’un des principaux constats du premier rapport de l'UNESCO sur les tendances mondiales de l'enseignement supérieur, publié ce 12 mai 2026 et couvrant les données de 146 pays.
Selon l’organisation, le nombre d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur à travers le monde est passé d’environ 100 millions en 2000 à 269 millions en 2024. Cette progression s’accompagne toutefois de profondes inégalités régionales. Alors que près de 80 % des jeunes en Europe occidentale et en Amérique du Nord accèdent aujourd’hui à l’enseignement supérieur, ce taux reste limité à 9 % en Afrique subsaharienne, le plus faible niveau enregistré au niveau mondial.
L’UNESCO souligne que cette situation reflète des difficultés persistantes liées au financement, à l’accès et à la capacité d’accueil des universités africaines. Malgré une demande croissante de formation supérieure portée par une population jeune en forte augmentation, de nombreux systèmes universitaires du continent demeurent confrontés à des ressources insuffisantes et à des infrastructures limitées.
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Le rapport note également que les taux d’achèvement des études progressent lentement à l’échelle mondiale. Entre 2013 et 2024, le taux brut de diplomation est passé de 22 % à 27 %. En Afrique subsaharienne, les défis liés à la réussite universitaire restent particulièrement marqués en raison des contraintes économiques, du manque d’encadrement académique et des inégalités sociales.
Sur la question du genre, l’UNESCO observe des avancées importantes au niveau mondial, où les femmes sont désormais plus nombreuses que les hommes dans l’enseignement supérieur. Toutefois, l’Afrique subsaharienne demeure la seule région du monde où la parité n’est pas encore atteinte. Les femmes restent également sous-représentées dans les études doctorales et aux postes de direction universitaire.
La mobilité internationale des étudiants continue par ailleurs de croître rapidement. Le nombre d’étudiants poursuivant des études à l’étranger a plus que triplé en vingt ans, atteignant près de 7,3 millions en 2023. Cependant, les étudiants africains continuent de faire face à des obstacles importants, notamment en matière de financement, de reconnaissance des diplômes et d’obtention de visas.
L’UNESCO relève aussi la situation particulière des réfugiés et des personnes déplacées de force. Malgré une amélioration récente du taux d’accès à l’enseignement supérieur des réfugiés, celui-ci reste faible. L’organisation indique travailler à faciliter la reconnaissance des qualifications universitaires grâce à son « Passeport de qualifications », déjà mis en œuvre dans plusieurs pays africains, dont le Kenya, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.
Le rapport met enfin en garde contre les conséquences de la pression démographique sur les établissements d’enseignement supérieur. L’organisation estime que des modèles de financement plus innovants seront nécessaires afin de garantir un accès équitable à un enseignement supérieur de qualité sur le continent africain.
L’UNESCO souligne également que les transformations numériques et l’essor de l’intelligence artificielle modifient progressivement les méthodes d’enseignement et d’apprentissage. Pourtant, en 2025, seule une université sur cinq dans le monde disposait d’une politique officielle encadrant l’usage de l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur.