Ile Maurice: Roberto Michel - «Mon rêve : devenir champion du monde et champion paralympique»

interview

Dans son fauteuil de compétition financé par les donateurs de Small Step Matters, Roberto Michel ambitionne cette année de partir à la conquête d'un classement lors du World Para Athletics Grand Prix. Grâce à un financement public déjà octroyé, il pourrait faire briller Maurice, à Nottwil, en Suisse, dans quelques jours...

Quels souvenirs gardez-vous de votre première campagne de levée de fonds sur Small Step Matters ?

Franchement, je ne m'attendais pas à ce que la première levée de fonds soit aussi rapide. Grâce au défi sportif organisé par Pascal Ducray, que je remercie sincèrement, mon club, l'Association Magic QuatreBornes Sports Club, a pu réunir la totalité des fonds pour importer des États-Unis un fauteuil parfaitement adapté à ma morphologie. Un équipement avec lequel j'ai pu concourir aux Jeux paralympiques de Paris en 2024. Avoir l'appui de Pascal Ducray a sans conteste été un grand avantage pour médiatiser mon histoire et mon besoin, à l'époque !

Le sport de haut niveau est votre activité principale ?

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Effectivement, depuis huit ans, je suis reconnu «Sportif Élite» par l'État, avec une allocation octroyée par le gouvernement. En haut de mon palmarès, le titre de champion du monde au 400 mètres, en catégorie junior en 2019, une 4e place aux Championnats du monde à New Delhi en 2025 en catégorie senior, et une 4e place au 100 mètres aux Jeux paralympiques de Paris, en 2024.

Derrière cela, des heures et des heures de persévérance et d'entraînement au stade de Côte-d'Or...

Disons que j'ai aussi eu une grande chance dans ma vie : être encadré dès le début de ma carrière sportive par les meilleurs entraîneurs, en particulier par Jean-Marie Bhugeerathee. J'ai le même entraîneur que la double championne du monde Noemi Alphonse !

Votre classification dans les compétitions correspond à quel handicap ?

Je souffre de paralysie cérébrale depuis ma naissance, avec une déformation de la colonne vertébrale et des complications au niveau des reins. Je suis classifié comme un concurrent «T34». En fonction de cette classification et de mes performances (minima), certaines compétitions me sont accessibles ou non. Par exemple, je ne pourrai pas concourir aux Jeux du Commonwealth à Glasgow cette année, car il n'y aura pas de course ouverte aux «T34».

En revanche, j'ambitionne un classement au World Para Athletics Grand Prix à Nottwil, en Suisse, dans quelques jours. Ce déplacement est important pour se mesurer aux plus grands, car à Maurice, nous n'avons pas de concurrents mauriciens pour progresser en nous «affrontant» à l'échelle nationale. Nous nous basons uniquement sur le chronomètre.

Au cours d'une carrière, le pic de performance pour les para-athlètes est décalé par rapport aux valides, c'est donc primordial pour les sponsors privés d'investir aujourd'hui sur vous ?

Tout à fait, j'aurai 26 ans en juin. Et j'ai encore une belle marge de progression. Les années à venir seront décisives. Disons qu'entre 2027 et 2033, je pourrai espérer viser les meilleurs résultats. J'espère donc avoir le soutien d'un sponsor du secteur privé comme c'est le cas pour Noemi Alphonse.

Dans vos plus beaux rêves, quels titres ?

Sans hésiter, champion du monde et champion paralympique !

Sur quelle distance ?

100 mètres et 400 mètres pour les Championnats du monde. Et 100 mètres pour les Jeux paralympiques. Pour la simple raison que le 400 mètres T34 en fauteuil n'est pas une épreuve des Jeux paralympiques.

Après Nottwil ce mois-ci, quelle autre épreuve à venir ?

Pour cette année, nous aurons 3 compétitions en Europe, ce mois-ci. Après notre retour à Maurice, nous attaquerons une préparation d'au moins un an pour les Championnats du monde, prévus en août 2027. Je remercie chaleureusement le ministère des Sports qui soutient mon déplacement en Europe, ce mois-ci.

Comment envisagez-vous dans les années à venir votre collaboration avec Small Step Matters ?

Des athlètes comme Pascal Ducray, Sacha Espitalier-Noël et Tina Staub sont très inspirants. Généreusement, ils se sont mobilisés pour les para-athlètes et les enfants porteurs de handicap sur www.smallstepmatters.org. À notre tour de nous mobiliser, par exemple pour d'autres causes, d'autres associations... en lien avec l'inclusion des personnes en situation de handicap, par exemple !

Ensemble pour propulser l'ascension sportive des para-athlètes !

La relève de Noemi Alphonse se prépare dès aujourd'hui. Le Magic Club a donc ouvert ses entraînements aux enfants vivant avec un handicap. Il est possible de soutenir ce club, à travers la fonctionnalité Connect'ONG sur www.smallstepmatters.org :

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