Dans le cadre de la Semaine mondiale de la sécurité routière des Nations unies, le ministère des Transports terrestres, en collaboration avec l'université de Maurice (Road Safety Observatory), a organisé, hier matin, un atelier consultatif sur la Nouvelle stratégie nationale de sécurité routière au New Academia Complex, à Réduit. Décideurs, experts et professionnels du secteur se sont retrouvés autour d'une question qui engage l'avenir de tous les usagers de la route.
Le ministre Osman Mahomed (photo) n'a pas mâché ses mots lors de son intervention. «Quand quelqu'un est impliqué dans un accident alors qu'il a consommé de la drogue ou de l'alcool, ou encore qu'il utilisait son téléphone au moment de l'accident, cela ne peut être classé comme un accident.» Une manière d'affirmer que la fatalité n'existe pas sur nos routes mais seulement des défaillances humaines et systémiques.
Il a ensuite brossé un tableau chiffré qui donne le vertige : 760 000 véhicules sont en circulation sur les routes de l'île. Une densité qui engendre inévitablement davantage de bouchons, de pollution et une montée en flèche des comportements agressifs au volant. Dans ce contexte, la route est devenue un espace sous pression, où chaque kilomètre parcouru comporte son lot de risques.
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Parmi les irritants du quotidien, il a également évoqué le problème des nids de poule, danger réel pour les conducteurs. Il serait envisagé de permettre aux usagers de signaler ces zones dégradées directement via l'application Korek.
Il a précisé que c'est à la suite de son rapport trimestriel sur la sécurité routière - le premier d'une série qu'il compte rendre public régulièrement - qu'il a été décidé de relever la pénalité liée à l'utilisation du téléphone au volant, désormais fixée entre 5 et 10 points de retrait sur le permis de conduire. «Malgré les pénalités, certains conducteurs continuent à utiliser le téléphone au volant», a-t-il déploré, avant d'avertir que si la mesure reste sans effet, Maurice pourrait s'inspirer du modèle en vigueur à La Réunion et procéder à la suspension du permis de conduire pour six mois. Une décision qu'il assume pleinement.
Le ministre Mahomed a enfin rappelé que la sécurité routière implique une coordination étroite entre les ministères des Transports terrestres pour les politiques publiques, de l'Infrastructure publique pour l'entretien des routes, de la Santé pour la gestion des urgences post-accident, et de l'Éducation pour la sensibilisation des jeunes générations. «La nouvelle stratégie sera plus adaptative et tournée vers l'avenir», a-t-il conclu.