Au Bénin, Soumaila Sounon Boké, ancien député du principal parti d'opposition Les Démocrates, a été condamné ce mardi 12 mai 2026 à cinq ans de prison et à une amende de 10 millions de FCFA par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) de Cotonou. Le tribunal lui reproche des faits d' « apologie de crime contre la sûreté de l'État » et d'« incitation à la haine et à la violence ». À l'origine : un message posté dans un groupe WhatsApp le 7 décembre dernier, jour de la tentative de coup d'État contre le président Patrice Talon.
Tout de blanc vêtu, Soumaila Sounon Boké a reçu son verdict debout, impassible et muet. Ce mardi 12 mai 2026, il a été condamné à 5 ans de prison et à une amende de 10 millions de Francs CFA (environ 15 000 euros) pour « apologie de crime contre la sûreté de l'État » et « incitation à la haine et à la violence », rapporte notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan.
Ses proches n'ont pas su cacher leur douleur : une femme s'est pris la tête entre les mains, une autre a essuyé en silence une larme. Son conseil, Me Aboubacar Ba Parapé, a aussitôt qualifié la peine de « lourde » et annoncé qu'il ferait appel dès le lendemain, c'est-à-dire ce mercredi.
Un message WhatsApp à l'origine de la condamnation
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Sounon Boké Soumaila était encore député au moment de son interpellation, survenue une quinzaine de jours après la tentative de coup d'État avortée, en décembre dernier. Son message « c'est jour de fête », posté dans un groupe WhatsApp le 7 décembre, jour de la tentative de coup d'État, a été perçu comme une jubilation face aux événements. Une lecture qu'il a toujours contestée.
À la barre, il a plaidé qu'il s'agissait d' « une phrase inachevée, envoyée par inadvertance » se décrivant par ailleurs comme « un patriote épris de démocratie ». La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) n'a pas été convaincue et l'a condamné à cinq ans de prison ferme.
Dès les premières audiences, l'accusé résigné, avait lancé au tribunal : « la providence a voulu que vous décidiez de mon sort, je ne vous en voudrai pas quelle que soit la décision. Que Dieu m'aide à porter ma croix ». Durant sa détention préventive, il avait démissionné de son parti, Les Démocrates.
