Pour les citoyens, ces services de base figurent parmi les priorités nationales auxquelles le gouvernement devrait s'attaquer.
Key findings
- Seuls trois Malgaches sur 10 (31%) vivent dans des zones de dénombrement (ZD) équipées d'un système d'adduction d'eau, et à peine 13% dans des zones disposant d'un système d'évacuation des eaux usées.
- Les résidents ruraux sont beaucoup moins susceptibles que les citadins d'avoir accès à un système d'adduction d'eau (21% contre 71%) et à un système d'évacuation des eaux usées (4% contre 46%). En revanche, ils sont plus nombreux que les citadins à dépendre de forages ou de puits forés (34% contre 18%).
- Près de la moitié (49%) des répondants affirment avoir manqué d'eau potable pour leurs besoins domestiques au moins « quelques fois » au cours des 12 mois précédant l'enquête.
- Quatre citoyens malgaches sur 10 (41%) vivent dans des ZD desservies par un réseau électrique.
- Les résidents ruraux (28%) sont beaucoup moins susceptibles d'avoir accès à un réseau électrique que leurs concitoyens urbains (90%).
- Seuls un sur quatre ménages (25%) sont raccordés au réseau électrique public.
- Parmi les ménages qui sont raccordés au réseau électrique public, moins de quatre sur 10 (36%) affirment que le courant est disponible « la plupart du temps » ou « tout le temps ».
- L'eau et l'électricité figurent parmi les 10 problèmes les plus importants du pays auxquels le gouvernement devrait faire face, selon les Malgaches.
- La grande majorité des citoyens malgaches désapprouvent les performances du gouvernement dans la fourniture fiable d'électricité (82%) et de service d'eau et d'assainissement (71%).
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Les rues de plusieurs grandes villes de Madagascar ont été dernièrement secouées par des manifestations de masse. Initiés par la Gen Z malgache - définie comme étant la génération née vers la fin des années 1990 ou au début des années 2000 (Eldridge, 2026 ; Dimock, 2019) - ces mouvements de protestation portaient originellement sur une exaspération profonde quant aux défaillances des services publics, en particulier les coupures d'eau et d'électricité incessantes (Laurence, 2025). Ce mouvement populaire, initialement social, a rapidement basculé sur le terrain politique et a abouti à la chute du gouvernement en place et à la prise de pouvoir par les militaires.
Pour contextualiser, les questions d'accès à l'eau et à l'électricité ont été depuis longtemps problématiques à Madagascar. Selon plusieurs sources, les coupures d'eau et d'électricité y sont fréquentes et récurrentes (Banque Mondiale, 2025a ; Fonds Monétaire International, 2024 ; Sustainable Energy for All, 2024). Ces mêmes sources indiquent que ces coupures impactent négativement les services de santé et la sphère économique du pays, provocant des pertes de productivité et contribuant à la dégradation des conditions de vie de la population.
Pourtant, Madagascar possède un potentiel énergétique important avec une production potentielle d'environ 180 térawattheures d'énergie hydroélectrique, ce qui place le pays en troisième place parmi les plus grands potentiels hydroélectriques en Afrique (2424.mg, 2024).
Pour faciliter l'accès à l'électricité, le gouvernement malgache s'est engagé à travers différents projets comme les projets Least-Cost Electricity Access Development, qui vise à étendre l'accès à l'électricité à faible coût dans les zones rurales et périurbaines (Banque Mondiale, 2025b) ; WeLight, qui a pour but de fournir de l'énergie solaire décentralisée aux ménages non raccordés au réseau (Banque Européenne d'Investissement, 2023) ; ou encore le Projet de Promotion de l'Electrification Rurale par les Energies Renouvelables, qui cherche à promouvoir l'électrification rurale à travers l'énergie solaire (GIZ, 2021). En parallèle, à travers le Projet d'Amélioration de l'Accès à l'Eau Potable de Madagascar, lancé en 2022, le gouvernement veut accroitre l'accès aux services d'eau à Antananarivo et dans des villes secondaires (Ministère de l'Eau, de l'Assainissement et de l'Hygiène, 2025).
L'objectif de cette dépêche est de dresser un état des lieux de l'accès aux services d'eau et d'électricité à Madagascar, ainsi que les perceptions des performances du gouvernement dans ces secteurs, se basant sur les résultats du Round 10 de l'enquête Afrobarometer.
Les résultats mettent en évidence un accès limité aux services de base à Madagascar, notamment à l'eau et à l'électricité, avec de fortes disparités entre les zones urbaines et rurales. Seule une minorité de citoyens vivent dans des zones disposant d'infrastructures d'adduction d'eau, d'assainissement ou d'électricité, les populations rurales étant particulièrement défavorisées et davantage dépendantes des forages ou puits.
Près de la moitié des Malgaches indiquent avoir souffert d'un manque d'eau potable au moins « quelques fois » au cours de l'année précédant l'enquête.
Concernant l'accès à l'électricité, seule une faible proportion de ménages sont raccordés au réseau électrique public. La disponibilité du courant quant à elle reste limitée.
Dans ce contexte, l'eau et l'électricité figurent parmi les problèmes prioritaires identifiés par les citoyens, et une large majorité d'entre eux désapprouvent les performances du gouvernement dans la fourniture fiable de ces services.
Fanoellie Rakoto Andriamahanina Fanoellie Rakoto Andriamahanina is a specialist in corporate social responsibility and social and solidarity economy.