Madagascar: À Antananarivo, les coupures d'eau exaspèrent les habitants

Des coupures d'eau quotidienne, qui s'étirent parfois sur plusieurs jours consécutifs : à Antananarivo, la capitale malgache, de nombreux quartiers subissent des restrictions croissantes depuis plusieurs semaines. La faute à une production insuffisante et à un réseau de distribution en piteux état. La Jirama, la société publique d'eau et d'électricité, a annoncé la mise en place prochaine de « tours d'eau », avec des horaires de coupures planifiés à l'avance, afin de répartir la distribution entre les quartiers de la capitale. D'ores et déjà, des camions citernes tentent de répondre aux besoins dans les quartiers les plus en souffrance.

Des centaines de bidons jaunes de 20 litres ont été disposés le long d'un trottoir du quartier d'Ankadifotsy, dans le centre d'Antananarivo. À tour de rôle, les habitants les remplissent au niveau d'un camion citerne avant de les empiler sur des chariots pour les emmener chez eux. Plus une goutte d'eau n'a coulé à l'intérieur des foyers ni à la fontaine publique voisine depuis deux jours, explique Andry, gérant d'une épicerie.

« Je passe des heures à patienter pour récupérer de l'eau. Pendant ce temps, je ne travaille pas et je perds de l'argent, témoigne-t-il. Dans d'autres cas, lorsqu'on demande à des gens de chercher de l'eau pour nous, c'est devenu très cher car c'est une denrée rare, difficile à trouver : on doit payer 3000 ariary (60 centimes d'euros) un bidon dans le quartier, contre 500 ariary (10 centimes d'euros) habituellement. Cela revient plus cher qu'un kilo de riz ! »

« Les choses s'empirent »

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Le quartier d'Ankadifotsy est habitué aux pénuries. Laingo, mère au foyer, est excédée. « Cela fait quatre ans que l'on doit attendre le milieu de la nuit que l'eau coule pour faire des stocks. Quand il n'y a pas d'eau du tout, nous devons parfois aller en chercher dans d'autres quartiers. Rien n'a changé, les choses s'empirent même ! C'est désolant car l'eau est un besoin vital. Je suis fatiguée et très en colère. »

Alors que la nuit tombe, le camion citerne ne déverse plus qu'un filet d'eau. La cuve est maintenant vide. Après trois heures d'attente, Laingo comme une vingtaine d'autres personnes repartent sans un mot, bidons vides sous les bras.

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