Madagascar: Namontana - Du « kompoze » contaminé provoque une intoxication collective

Soixante-neuf personnes ont été admises à l'hôpital après avoir consommé du « kompoze » dans une gargote de Namontana. Les autorités sanitaires évoquent une toxico-infection alimentaire collective.

Vingt-neuf des soixante-neuf personnes intoxiquées après avoir consommé du « kompoze » dans une gargote de Namontana demeurent hospitalisées au centre hospitalier Joseph-Ravoahangy-Andrianavalona.

Admis en urgence dimanche, les patients présentaient des symptômes de vomissements, de céphalées et de douleurs abdominales. Quarante autres personnes ont pu quitter l'hôpital après avoir reçu des soins.

L'intoxication remonte à vendredi soir, lorsque plusieurs dizaines de clients ont partagé ce plat. Les premiers symptômes sont apparus dès le lendemain, entraînant une vague d'hospitalisations. La ministre de la Santé publique, Monira Managna, s'est rendue au chevet des victimes et a assuré que l'État prendrait en charge les soins et les médicaments jusqu'à leur rétablissement.

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Le ministère de la Santé publique a confirmé qu'il s'agissait d'une toxico-infection alimentaire collective (TIAC). Dans les quartiers populaires, l'affaire relance les critiques sur les conditions d'hygiène dans certaines gargotes.

Sans contrôle sanitaire

François Deraniaina, habitant de Namontana, explique fréquenter régulièrement ces établissements en raison de leurs prix accessibles. Il décrit toutefois des marmites graisseuses et des restes alimentaires laissés à l'air libre. Une mère de famille affirme, de son côté, avoir vu des plats servis sans respect des règles élémentaires d'hygiène. « Ce n'est pas étonnant que des gens tombent malades », dit-elle.

Très fréquentées par les travailleurs et les ménages modestes, les gargotes proposent des repas rapides à faible coût. Beaucoup fonctionnent néanmoins sans réel contrôle sanitaire. « Les restaurants coûtent trop cher, alors on prend le risque », confie un ouvrier rencontré près du marché.

D'autres habitants évoquent des cuisines improvisées, des aliments conservés dans des conditions précaires et des ustensiles rarement nettoyés. Pour de nombreux observateurs, la précarité économique pousse une partie de la population vers une alimentation bon marché, au détriment parfois des conditions sanitaires.

« On ne demande pas des restaurants de luxe, seulement de la propreté. L'alimentation n'est pas seulement une question de prix ou de rapidité ; elle relève aussi de la santé publique », souligne un médecin.

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