Cameroun: Prédation foncière et trafic d'influence, la menace pèse sur les villes de Douala et Yaoundé

L'alarme est donnée. Les rôles des tribunaux de Douala et Yaoundé ne désemplissent pas. Les dossiers s'amoncellent, les litiges grandissent et menacent la cohésion sociale. Au menu : trafic d'influence, faux et usage de faux.

Les experts en matière foncière ont à plusieurs reprises donné l'alerte : la prochaine crise sera foncière au Cameroun. Le constat est clair, la terre jadis considérée comme motif de cohésion familiale devient de plus en plus l'objet de discorde entre les familles, les communautés et même les individus. Elle constitut désormais un motif de discorde sociale et objet de plusieurs conflits. L'Etat est interpellé au plus haut niveau.

Au Ministère des Domaines et Affaires Foncières Mindcaf, on mesure l'ampleur de la situation et la menace qui couve. Entre reformes, négociations et interventions de l'Etat, tout passe pour apaiser les tensions qu'on observe çà et là, dans les grandes métropoles comme dans les villages sur des affaires parfois impliquants l'Etat. A l'instar de l'affaire Olembe dans la périphérie de Yaoundé, la capitale dans laquelle semble impliqué un fils du Régime.

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L'Indépendant, un journal de Yaoundé parle de « Scandale foncier ». Le journal explique que, Balayant d'un revers de la main les décisions de la Cour suprême donnant gain de cause à la famille Mbeng Raphael et consorts, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi, a modifié et complété l'arrêté du 07 janvier 2016, constatant la nullité d'ordre public du titre foncier n°23105/Mfoundi et ses morcellements subséquents.

A travers, cette fois un arrêté du 30 avril 2026, la parcelle de terrain d'une superficie de 57 hectares au lieu-dit Olembe Yaoundé, à défalquer dudit titre foncier, réintègre le domaine national, et pourra faire l'objet d'une nouvelle immatriculation au profit des véritables détenteurs des droits réels. A la manoeuvre, Serge Eyebe et Eyebe Henri alias" Jojo " deux fils du patron du Mindcaf, tirent les ficelles dans l'ombre.

A Douala, capitale économique une autre affaire foncière impliquant Maurice Nguefack concerne des accusations de spoliation foncière et de faux en écriture, visant un groupe opérant à Douala 2e. En tant qu'homme d'affaires souvent associé à Carlos Kenmoe, M. Nguefack est soupçonné de prédation foncière, de trafic d'influence et d'usage de faux en bande organisé. L'affaire s'inscrit dans un contexte critique à Douala, marqué par des conflits fonciers à répétition et l'implication de "prédateurs fonciers".

Sur le sujet Le journal en ligne economieducameroun.info s'insurge « Une telle collusion entre acteurs politiques et affairistes traduit non seulement un mépris absolu des lois, mais également une trahison des principes mêmes de la gouvernance locale. L'opinion publique est peut-être ignorante, mais les conséquences d'une telle manoeuvre pourraient être d'une ampleur colossale, puisque des projets porteurs de développement se trouveraient étouffés dans l'oeuf, privant notre population de milliers d'emplois directs et indirects. Plus grave encore, elle alimentera un climat de méfiance généralisée envers nos institutions, et fragilisera la cohésion sociale ».

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