Cameroun: Discours de haine au pays - Me Achille Leudjo accuse le gouvernement de financer Elimbi Lobé

Me Achille Leudjo affirme que l'État finance directement la propagande tribaliste d'Elimbi Lobé. Cette révélation, faite le 12 mai 2026, ajoute une dimension politique à une affaire déjà explosive. Le silence des autorités face aux sorties répétées du polémiste interroge.

Quand un avocat défie le récit officiel

Le discours de haine à caractère tribal est pénalement réprimé au Cameroun depuis la loi de 2023 sur la cohésion sociale. Elimbi Lobé, figure controversée des réseaux sociaux, multiplie les attaques stigmatisant une communauté ethnique spécifique. Me Achille Leudjo, avocat et militant du SDF, a déposé plusieurs plaintes restées sans suite.

La loi camerounaise prévoit jusqu'à cinq ans d'emprisonnement pour incitation à la haine tribale. Aucune procédure n'a pourtant été engagée contre Elimbi Lobé. Le contraste entre la sévérité des textes et l'impunité apparente nourrit les soupçons de l'avocat.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Pourquoi le gouvernement tolérerait cette propagande

La propagande tribale sert souvent de diversion politique dans les régimes contestés. Me Leudjo soutient que le financement étatique d'Elimbi Lobé permettrait de détourner l'attention des crises économiques et sociales. Le mécanisme classique de la « cinquième colonne » médiatique divise l'opposition pour mieux la fragiliser.

Les médias complices relaient sans contradiction les propos de l'animateur, selon l'avocat. Le calcul politique serait simple : attiser les tensions communautaires affaiblit les alliances transethniques de l'opposition. Cette stratégie divise pour régner, au détriment de la paix civile.

Comment fonctionne le système de financement occulte

Le financement occulte de journalistes polémistes passe par des contrats publicitaires suspects ou des comptes offshore. Me Leudjo cite des indices : l'absence de revenus déclarés crédibles d'Elimbi Lobé, ses productions luxueuses, et l'absence de poursuites malgré les preuves vidéo. La loi anti-discours de haine devient ainsi une arme sélective, jamais actionnée contre les « bons » polémistes.

Les chaînes privées et sites d'information qui diffusent ces contenus bénéficient aussi de largesses publiques. L'avocat demande une enquête parlementaire sur les flux financiers entre le ministère de la Communication et certains influenceurs. Le système repose sur une chaîne d'impunité : absence de plainte des victimes, classements sans suite, puis relégation médiatique des affaires.

La persistance de la stigmatisation communautaire peut déclencher des affrontements locaux. Les régions où cohabitent les ethnies visées sont des poudrières. Une escalade verbale précède souvent les violences physiques, comme l'ont montré les précédents de 2019 et 2021.

La normalisation du discours de haine par l'État détruit la cohésion nationale. Les générations futures intériorisent les clivages ethniques comme cadre naturel du débat public. La crédibilité des institutions judiciaires s'effondre définitivement si la loi n'est pas appliquée également. Le Cameroun risque un décrochage démocratique irréversible, avec des répercussions sur les investissements étrangers sensibles à la stabilité sociale.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.