Le ministre de la Santé et du bien-être, Anil Bachoo, a longuement défendu la stratégie du gouvernement face à la recrudescence de maladies transmissibles lors de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l'opposition, Joe Lesjongard, hier à l'Assemblée nationale. Chikungunya, leptospirose, dengue et mpox ont dominé les échanges, avec un accent particulier sur la gravité des cas de leptospirose recensés à Maurice.
Onze officiers du ministère de la Santé, dont des senior advisors, étaient présents dans l'Hémicycle afin d'épauler le ministre. Ce dernier a pris près de 20 minutes pour répondre et a dressé un état des lieux détaillé de la situation sanitaire dans le pays. Il a indiqué que Maurice a enregistré 2 816 cas locaux de chikungunya, dont 102 cas encore actifs entre janvier et le 11 mai 2026. Cinq cas importés ont également été recensés et tous les patients concernés sont rétablis. Concernant la dengue, le ministre a précisé qu'un seul cas local et six cas importés ont été détectés, et aucun décès n'a été enregistré.
C'est toutefois la leptospirose qui a suscité les échanges les plus tendus. Le ministre a confirmé 21 cas recensés depuis le début de l'année, dont six décès. Il a expliqué que tous les patients décédés souffraient de comorbidités et que certains avaient été admis à l'hôpital dans un état déjà critique. Il a évoqué le cas d'un habitant de Bambous décédé avant son arrivée à l'hôpital, et celui d'un patient de Camp-de-Masque retrouvé dans un état grave après être resté seul chez lui pendant plusieurs jours.
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Mais c'est surtout une déclaration du ministre qui a retenu l'attention durant cette PNQ. En répondant aux critiques sur le taux de mortalité élevé observé à Maurice, Anil Bachoo a affirmé que la souche de leptospirose présente dans le pays était plus grave que celle observée à La Réunion. «Unfortunately, in Mauritius, we have got the most serious type compared to La Réunion and other countries.» Il a expliqué que plus de 250 types de leptospirose existent et que certaines souches provoquent des complications beaucoup plus sévères, notamment des hémorragies pulmonaires, des défaillances rénales et des chocs septiques.
Anil Bachoo a également tenté de justifier le taux de mortalité plus élevé à Maurice par plusieurs facteurs. Selon lui, Maurice détecte principalement les cas graves nécessitant une hospitalisation, contrairement à La Réunion, où davantage de cas légers seraient comptabilisés. Il a aussi évoqué les différences dans la définition des cas, les retards dans la prise en charge médicale et, surtout, la forte prévalence du diabète à Maurice. «More than 20 % of our population are diabetics», a-t-il souligné, estimant que cette réalité aggrave les risques de complications chez les patients infectés.
Face aux interrogations de Joe Lesjongard sur une éventuelle défaillance du système de santé, le ministre a assuré que des audits médicaux avaient déjà été lancés concernant les six décès liés à la leptospirose. Il a indiqué qu'un rapport pourrait être présenté à l'Assemblée nationale. Il a également mis en avant le travail du Dr Nackchhedy, qu'il a qualifié de «research scholar» au sein de son ministère et qui aurait mené une étude approfondie sur ces cas.
Durant la séance, le ministre de la Santé a aussi détaillé les mesures déployées pour contenir la propagation des maladies transmissibles. Plus de 25 000 inspections de bâtiments ont été effectuées, tandis que plus de 105 000 sites ont été traités avec des larvicides. Les opérations de fumigation ont été réalisées dans plus de 81 000 endroits et quelque 100 000 moustiques mâles stériles sont désormais relâchés chaque semaine dans certaines régions du pays.
Joe Lesjongard a également interrogé le ministre sur l'évasion d'un patient ayant contracté le mpox de l'hôpital Victoria. Anil Bachoo a expliqué que l'incident s'était produit durant les heures de visite et qu'il n'était pas possible pour le personnel infirmier de surveiller chaque déplacement dans un hôpital accueillant quotidiennement des centaines de personnes.
La question du hantavirus, détecté à bord du navire de croisière MV Hondius au large du Cap Vert, a également été évoquée par le député Farhad Aumeer, après les récents cas signalés à l'étranger. Anil Bachoo a affirmé que Maurice maintenait une surveillance active aux frontières et que des contacts existaient déjà avec des laboratoires spécialisés en Afrique du Sud et à Madagascar afin d'effectuer des analyses en cas de suspicion.