Les habitants d'Antananarivo et de ses périphéries font face à une nouvelle vague de coupures prolongées d'eau, alimentant la colère dans plusieurs quartiers de la capitale malgache. Depuis plusieurs jours, la compagnie nationale d'eau et d'électricité, la Jirama, applique un programme de délestage jugé particulièrement contraignant par la population.
Plus une goutte d'eau n'a coulé à l'intérieur des foyers ni à la fontaine publique voisine depuis deux jours, explique Andry, gérant d'une épicerie. «Je passe des heures à patienter pour récupérer de l'eau. Pendant ce temps, je ne travaille pas et je perds de l'argent», témoigne-t-il. De plus, il faut payer 3 000 ariary (60 centimes d'euros) pour un bidon dans le quartier, contre 500 ariary (10 centimes d'euros) habituellement. «Cela revient plus cher qu'un kilo de riz.»
Selon différentes sources, ces perturbations seraient dues à des pannes techniques, à des travaux d'entretien mais aussi à une capacité de production insuffisante pour répondre à la demande croissante dans la capitale. Plusieurs habitants estiment toutefois que ces explications ne suffisent plus. Après plusieurs années de gouvernance, beaucoup dénoncent l'absence de solution durable à la crise énergétique et hydraulique qui frappe Antananarivo.
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Dans les quartiers touchés, commerçants et artisans évoquent des pertes économiques importantes causées par les délestages répétés. Les familles, elles, s'inquiètent des conséquences sur leur quotidien, entre difficultés d'accès à l'eau, conservation des aliments et perturbations des activités scolaires et professionnelles. Pour de nombreux habitants, ces coupures sont devenues «le symbole d'un immobilisme politique», alors que la lassitude et l'exaspération continuent de monter dans la capitale malgache.