Ile Maurice: Port-Louis propose une coalition d'États-océan

Navin Ramgoolam, et le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, ont coprésidé la table ronde sur l'économie bleue. Un secteur qui, selon le Premier ministre, englobe de nombreux aspects qui n'ont pas encore été suffisamment explorés, notamment le droit international, le détroit d'Ormuz et les enjeux stratégiques liés aux océans. Il a estimé qu'il serait pertinent de réfléchir à la mise en place d'une coalition d'États océaniques afin de se pencher sur les défis et problématiques communs.

Selon lui, une telle initiative permettrait d'élaborer une véritable stratégie commune pour trouver des solutions concrètes aux enjeux maritimes. Il a insisté sur l'importance des échanges et de la coopération entre les pays concernés afin de bâtir cette vision collective.

«C'est une priorité stratégique et une réalité existentielle. Nous vivons des transformations profondes. Nous partageons un bien commun avec l'Afrique : l'océan. Nous portons aussi les voix des États insulaires. Maurice est un petit ÉTat par la terre mais un grand état par la mer», a mis en avant Navin Ramgoolam dans son discours d'ouverture à la table ronde consacrée à l'économie bleue.

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«Pas d'économie bleue sans biodiversité vivante», a-t-il insisté devant les participants. Durant son intervention, le chef du gouvernement mauricien a souligné que l'océan ne peut plus être considéré uniquement comme un espace géographique. Selon lui, il représente aujourd'hui une infrastructure essentielle pour la souveraineté, la sécurité alimentaire, la transition énergétique et le développement économique des États africains et insulaires.

Navin Ramgoolam a évoqué les importantes transformations géopolitiques et économiques qui marquent actuellement le monde. Il a notamment fait référence aux tensions au Moyen-Orient qui perturbent fortement le trafic maritime international. D'après lui, le conflit a déplacé «le centre de gravité vers la mer», entraînant l'immobilisation de milliers de navires et des perturbations majeures des routes commerciales mondiales.

Le chef du gouvernement a également rappelé l'importance stratégique de l'espace maritime. Maurice dispose d'une zone estimée à environ 2,2 millions de kilomètres carrés, largement supérieure à sa superficie terrestre. Il a souligné que cette réalité confère à Maurice un rôle particulier dans les discussions sur la gouvernance des océans et la protection de l'environnement marin.

Navin Ramgoolam est aussi revenu sur les avancées internationales en matière de protection de la biodiversité marine. Il a rappelé l'entrée en vigueur, en janvier 2026, du traité BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction), consacré à la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales, à la suite des engagements pris lors de la conférence sur les océans et de l'appel lancé par le président français Emmanuel Macron. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité d'appliquer ce traité dans les législations nationales afin de renforcer la gouvernance des océans.

Une économie bleue durable, dit-il, ne peut exister sans protection des écosystèmes marins. S'appuyant sur des chiffres de Protected Planet, il a indiqué que près de 16 % des zones maritimes et côtières africaines sont aujourd'hui protégées, contre environ 14 % en Europe. Il a annoncé que Maurice compte établir une aire marine protégée dans l'archipel des Chagos couvrant environ 645 835 kilomètres carrés. Navin Ramgoolam a également cité comme exemple de coopération régionale la gestion conjointe entre Maurice et les Seychelles du plateau des Mascareignes, qui couvre environ 396 000 kilomètres carrés.

Le Premier ministre a aussi évoqué les effets du changement climatique sur le continent africain, notamment l'accélération de l'érosion côtière. Il a rappelé que l'économie bleue africaine, couvrant plus de 13 millions de kilomètres carrés de zones économiques exclusives, représente un potentiel important pour le développement durable, la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables, le commerce, le tourisme et la création d'emplois.

Cependant, il a averti que plusieurs défis demeurent, notamment la pêche illégale, l'insécurité maritime, le manque d'investissements et le transfert limité des technologies. Il a enfin souligné que la décarbonation constitue un enjeu central pour assurer la durabilité de l'économie bleue africaine.

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