Ile Maurice: Des décisions, quelques travaux et un Plan Marshall initiés

Quel bilan dresser du secteur des infrastructures depuis le premier Budget de l'Alliance du changement ? Les déclarations d'intention prennent forme et surtout, le serpent de mer du barrage de Rivière-des-Anguilles arrête enfin de tourner en rond.

Pour couvrir les secteurs du logement, du transport, de l'eau, de l'assainissement, de la gestion des déchets solides, du drainage des eaux pluviales ainsi que de l'électricité, le Budget 2025-2026 a tablé sur Rs 128 milliards. C'est le montant total des investissements prévus par le gouvernement pour le développement des infrastructures du pays durant son mandat. Ils relèvent de la mesure intitulée «Smart Investment in Productive Infrastructure», présentée comme le cinquième pilier du nouveau modèle économique.

L'objectif est de faire du développement des infrastructures un levier stratégique afin d'attirer de nouveaux investissements et de soutenir la croissance économique à long terme. Dans ce cadre, il est souligné que, tout en poursuivant l'assainissement des finances publiques, l'investissement dans les infrastructures productives reste essentiel pour soutenir la croissance et la création d'emplois.

Sur la route

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Parmi les mesures annoncées en juin 2025, l'on retrouve notamment la construction des première et deuxième phases de la nouvelle autoroute M4, qui s'étendra sur 30 kilomètres et reliera Forbach à Bel-Air. Les travaux devraient débuter dans environ trois mois. Ce projet, doté d'un budget global de Rs 10,8 milliards financé par le gouvernement indien dans le cadre du Special Economic Package, vise à réduire les embouteillages de 40 % et à stimuler le développement économique régional. Les travaux devraient durer deux à trois ans.

De plus, la phase 2 du projet de la Ring Road, destinée à désengorger la circulation autour de la capitale, ne devrait pas démarrer avant l'exercice financier 2027-2028. Il s'agit de la construction de deux tunnels : l'un, de 1,1 km sous la montagne des Signaux ; l'autre, de 775 mètres sous la colline Monneron, afin de relier la phase 1 à Tranquebar et Vallée-Pitot sur un tracé de 4,75 km. Elle inclura également une jonction à niveau séparé à Tranquebar.

Au fil de l'eau

Le Budget 2025-2026 indique que le dossier de l'eau est une priorité, avec des mesures annoncées pour renforcer la gestion et les infrastructures du secteur. Parmi elles, le barrage de Rivière-des-Anguilles, régulièrement présenté comme un projet stratégique pour renforcer la sécurité hydrique du pays.

Rappelons que l'idée de ce barrage remonte à... mai 2009, lorsque le rapport de faisabilité du projet d'approvisionnement en eau du Sud recommandait sa construction. Ce rapport avait également identifié son emplacement et lancé des études géologiques et géotechniques, accompagnées d'une conception préliminaire dans le cadre de la deuxième phase de l'étude. L'objectif initial était de compléter le projet en... 2014. Depuis, malgré plusieurs annonces dans les budgets successifs, des révisions du coût et des appels d'offres, le projet est resté suspendu.

L'hydrologue Farook Mowlabucus rappelle régulièrement l'urgence de la construction du barrage de Rivière-des-Anguilles, estime que ce projet est indispensable pour mettre fin aux difficultés récurrentes d'approvisionnement en eau dans la région Sud.

Cette année, enfin, le projet franchit une nouvelle étape. Les appels d'offres ont été lancés et l'exercice de passation des marchés devrait être complété d'ici au mois d'août. Selon les décisions du Conseil des ministres du 20 février, le démarrage des travaux est prévu pour octobre. Le futur barrage devrait pouvoir stocker environ 12,5 millions de mètres cubes (m3) d'eau. Le projet prévoit également l'installation d'une mini-centrale hydroélectrique, ainsi qu'une station de traitement capable de produire jusqu'à 50 000 m3 d'eau par jour.

Le barrage de Rivière-des-Anguilles a pour objectif d'assurer un approvisionnement fiable et pérenne afin de faire face à la hausse de la demande dans la région Sud, tout en accompagnant le développement social, commercial, agricole et économique de la zone. Son financement repose en grande partie sur des emprunts extérieurs obtenus auprès d'un consortium d'institutions financières des pays du Golfe, notamment le Saudi Fund for Development in Africa, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique et l'Abu Dhabi Fund for Development.

Pistes complémentaires

Dans la même logique, le Budget 2025-2026 prévoit également des investissements dans un large éventail d'infrastructures hydrauliques, incluant le remplacement des conduites d'eau, la modernisation et la réhabilitation des stations de traitement, ainsi que la construction de nouveaux réservoirs de service. À ce propos, le ministre de l'Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, a déjà dévoilé le Plan Marshall de l'eau. L'objectif est de renforcer, sur les deux à trois prochaines années, la disponibilité des ressources en eau, en particulier durant les périodes de sécheresse.

Pour mettre en oeuvre cette stratégie, un comité réunissant plusieurs institutions publiques a été institué. Il regroupe notamment les principaux acteurs du secteur de l'eau et de l'énergie, avec pour mandat de définir et coordonner des actions à court, moyen et long termes.

Le plan s'articule autour de plusieurs pistes complémentaires. Une meilleure utilisation des nappes souterraines, l'augmentation des capacités de stockage en surface, la réduction des pertes sur le réseau, la réutilisation des eaux traitées, le développement de petits ouvrages de stockage et le recours au dessalement. L'ensemble de ces actions vise à sécuriser l'approvisionnement en eau et à rendre le système plus résilient face aux aléas climatiques et à la pression croissante de la demande.

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