En Sierra Leone, la pression monte sur le gouvernement après la saisie record de plus de 30 tonnes de cocaïne à bord d'un navire par les autorités espagnoles début mai. Selon la police espagnole, ce dernier avait quitté le port de Freetown avant d'être arraisonné au large du Sahara occidental. Depuis, l'opposition accuse les autorités de manquer de transparence face aux accusations internationales visant le pays.
Ce mardi 12 mai 2026, les autorités sierra-léonaises avaient convié la presse pour parler « famille » à l'approche de la Journée internationale de la famille prévue vendredi. Mais très vite, les questions se sont concentrées sur la saisie record de cocaïne liée à Freetown.
Des questions largement évitées par Ansumana Konneh, directeur de la cellule nationale antidrogue, qui a préféré recentrer le débat sur la crise du Kush, une drogue de synthèse qui ravage la jeunesse sierra-léonaise.
« L'hôpital psychiatrique affirme que la consommation de drogue chez les jeunes a augmenté de plus de 4 000 % dans le pays, a déclaré Ansumana Konneh. Et selon les tests réalisés, la nouvelle substance désormais utilisée dans le Kush est le nitazène, un produit cinquante fois plus puissant que le fentanyl. Cela fait du Kush la drogue la plus addictive en Sierra Leone et touche durement les jeunes. »
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Le chef de l'opposition du Parlement monte au créneau
Mais pour Abdul Kargbo, chef de l'opposition au Parlement, le gouvernement évite le coeur du problème : les accusations internationales de narcotrafic visant la Sierra Leone. Dans une lettre adressée au président Julius Maada Bio, il dénonce le silence des autorités et alerte sur les conséquences pour l'image du pays.
« Nous ne devons pas rester silencieux alors que l'image de notre pays est en train d'être écornée. Nous n'avons vu aucune mesure proactive du gouvernement, dénonce le chef de l'opposition au Parlement. Et le danger, c'est que le silence ou les réponses insuffisantes des autorités renforcent, sur la scène internationale, l'idée que la Sierra Leone risque de devenir un narco-État. »
Contactées par RFI, les autorités assurent prendre l'affaire « très au sérieux ». Mais après un premier communiqué publié le week-end dernier, elles refusent désormais toute interview publique alors qu'une enquête est en cours.