Comores: Au troisième jour de grève contre la hausse des carburants, la tension monte d'un cran

Aux Comores, la tension est encore montée d'un cran au troisième jour de la grève contre la hausse des carburants. Ce mercredi 13 mai 2026, des blindés ont été déployés dans la capitale et des affrontements ont opposé forces de l'ordre et jeunes dans plusieurs localités voisines. Le gouvernement parle désormais d'atteinte à l'ordre public et annonce l'interpellation de vingt-six jeunes. Malgré ce durcissement, la mobilisation gagne du terrain.

Le gouvernement ne parle plus seulement de dialogue social, mais d'ordre public. Au troisième jour de la grève illimitée des chauffeurs et commerçants contre la hausse des carburants, les autorités appellent au dialogue et accusent l'opposition d'alimenter le chaos. Nour El Fath Azali, secrétaire général du gouvernement est aussi revenu sur la hausse du carburant.

« Si on ne prend pas les mesures qu'on a prises actuellement, on risque de se diriger vers un horizon qui sera un peu plus sombre parce qu'on ne sait pas si on serait en mesure de passer la commande des produits hydrocarbures, a-t-il déclaré. On doit discuter pour essayer de trouver une solution à cette situation. Une situation qui ne profite à personne et surtout pas les opérateurs. »

Les pêcheurs menacent de passer au « plan B »

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Le gouvernement justifie la hausse par une perte estimée à 3,4 milliards de francs comoriens sur chaque cargaison de carburant. Mais sur le terrain, la paralysie s'étend : écoles perturbées, commerces fermés, médecins bloqués, pêcheurs, enseignants et artisans touchés. L'opposition elle, dénonce une gestion chaotique de la crise.

« Les mouvements sociaux d'aujourd'hui sont plus que légitimes. Je constate la démission du gouvernement de fait par son incapacité de dialoguer ni d'apporter des solutions adaptées à la crise, mais qui oeuvre par la ruse pour diviser les syndicats tout en instrumentalisant les forces de sécurité pour mater les grévistes », accuse Daoudou Abdallah Mohammed, ancien candidat à la présidentielle.

En début de soirée, le syndicat des transporteurs maintenait son appel à la grève illimitée, les pêcheurs disent attendre une baisse d'ici ce jeudi, au risque de passer au « plan B ». La route nationale menant à l'aéroport a été bloquée puis incendiée.

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