Le sommet coorganisé à Nairobi par la France et le Kenya, qui s'est clôt hier, s'est voulu bien plus qu'un simple forum diplomatique ou économique. À écouter les présidents Emmanuel Macron et William Ruto, ce rendez-vous est l'ébauche d'une nouvelle phase des relations entre l'Afrique et la France, dans un contexte mondial marqué par les recompositions géopolitiques, les rivalités économiques et l'émergence d'un continent africain de plus en plus affirmé.
Dans son intervention, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de «refonder» la relation Afrique-France sur des bases plus équilibrées, orientées vers les résultats et les intérêts mutuels. Le choix du Kenya comme coorganisateur du sommet est présenté comme un symbole fort : celui d'une ouverture vers une Afrique anglophone dynamique et influente. Paris cherche ainsi à dépasser les héritages historiques souvent controversés de la relation franco-africaine traditionnelle pour promouvoir une logique de partenariats économiques, technolog iques et stratégiques.
Le président français met particulièrement l'accent sur les investissements dans des secteurs jugés décisifs pour l'avenir du continent : santé, éducation, numérique, énergie ou encore infrastructures. Mais au-delà de l'économie, son discours porte également une dimension politique importante. Emmanuel Macron défend l'idée d'une réforme de la gouvernance mondiale afin de donner davantage de poids à l'Afrique dans les grandes décisions internationales, qu'il s'agisse du climat, de la paix ou des transformations technologiques.
De son côté, William Ruto adopte un ton résolument tourné vers l'affirmation africaine. Son message reflète la confiance croissante d'un continent qui ne souhaite plus être perçu comme une périphérie économique, mais comme un moteur de croissance mondiale. Le président kényan insiste sur la jeunesse africaine, l'innovation technologique et la capacité du continent à proposer des solutions dans des domaines comme la fintech, l'intelligence artificielle, l'agriculture intelligente ou les énergies renouvelables.
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Cependant, Ruto rappelle également que le potentiel africain ne pourra se concrétiser sans un accès accru aux financements, aux investissements et aux transferts de technologies. Pour lui, l'enjeu central du sommet réside dans la capacité à passer «du dialogue à l'action», en transformant les engagements politiques en projets concrets créateurs d'emplois et de valeur ajoutée. À traver s leur s discours respectifs, Emmanuel Macron et William Ruto cherchent ainsi à poser les bases d'un nouveau pacte AfriqueFrance : moins centré sur l'aide, davantage axé sur le coinvestissement, l'innovation et une vision commune des grands équilibres mondiaux.