Née dans un petit village de la Slovénie préalpine, Tjaša Iris a grandi dans un environnement où la rigueur de la nature façonnait les regards et les rythmes de vie. Entre la maison familiale, habitée par les livres et les tableaux, et la ferme de ses grands-parents, médecin de campagne et agriculteur, elle hérite très tôt d'une double sensibilité : celle de la culture et celle de la nature. Deux forces qui alimentent encore aujourd'hui son oeuvre.
Rien ne la prédestinait pourtant à une carrière artistique. Après des études en relations internationales à l'université de Ljubljana, elle opte pour l'art. Direction Florence d'abord, puis les Pays-Bas, où elle intègre l'Academie Minerva de Groningen en arts audiovisuels, avec le soutien d'une bourse gouvernementale slovène. Une formation qui s'ouvre rapidement sur une trajectoire internationale.
L'Europe est son premier terrain d'exposition, avant que l'Asie ne s'impose comme une autre scène majeure. À Venise, elle travaille pour la galerie A+A, alors pavillon officiel de la Slovénie à la Biennale, et participe à l'organisation de plusieurs éditions. En parallèle, elle imagine un modèle pionnier de voyages artistiques en Toscane, en Provence et en Slovénie, réunissant autour de l'expérience créative une clientèle venue de différents horizons.
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Mais la crise financière de 2008 rebat les cartes. Comme beaucoup d'acteurs culturels, Tjaša Iris doit réinventer sa pratique et son économie de travail. Elle se tourne alors vers l'Asie. En 2010, sa sélection New Find à Art Singapore la relance. Elle cumule les expositions en Thaïlande, en Malaisie, à Singapour et à Hong Kong : son parcours prend une nouvelle ampleur tandis que son langage visuel évolue. Peu à peu, sa pratique se recentre sur la photographie, nourrie par les jardins botaniques, les paysages tropicaux, les couleurs saturées et les jeux de répétition chromatique.
En 2020, bloquée en Thaïlande, elle transforme cette contrainte en élan créatif. Sur l'île de Koh Phangan, elle réalise plus de 500 oeuvres, donnant naissance à la série Sea Gardens ainsi qu'à un documentaire. Après des résidences en Inde et un retour en Slovénie, sa prochaine étape sera son installation à Maurice en décembre 2025.
Pour l'artiste, l'île est devenue aujourd'hui un véritable port d'attache, un lieu stable de production, de réflexion et de diffusion, tout en restant connectée à ses réseaux internationaux. Une prochaine exposition est d'ailleurs prévue à Dubaï dans le courant de l'année.
À l'heure où la scène culturelle locale affirme progressivement sa présence régionale et globale, l'arrivée de Tjaša Iris éclaire un mouvement plus large : celui d'artistes internationaux qui voient en Maurice un centre stratégique ouvert sur l'océan Indien, l'Europe et l'Asie. Elle envisage d'y créer une galerie d'art contemporain à vocation internationale. Car pour Tjaša Iris, le territoire n'est pas une limite, mais un point d'ancrage à partir duquel le regard voyage.